Une femme survint (Flesh, John Ford, 1932)

Exception faite du génial Hallelujah !, les premiers films parlants des grands cinéastes américains, sont rarement leurs meilleurs. Les quelques films du début des années 30 de John Ford n’échappent pas à ce statisme théâtral qui plombe la plupart des productions de l’époque. Dans celui-ci, le son est cependant plus maîtrisé que dans Tête brûlée tourné juste avant; la musique est utilisée lors de certaines séquences, il y a moins de vides sonores (or le vide sonore est fatal pour l’attention du spectateur, c’est quelque chose que les musiciens hollywoodiens n’allaient pas tarder à comprendre). L’histoire mélodramatique de ce colosse au grand coeur qui tombe amoureux d’une femme de petite vertu est assez conventionnelle, il est intéressant de la comparer à La chienne de Renoir tourné l’année précédente: c’est à peu près le même synopsis à ceci près que dans le film de Ford, la femme est fondamentalement bonne, victime plus que méchante. Si quelques séquences joliment mise en scène (la première nuit de la fille chez le boxeur notamment) donnent l’occasion au metteur en sène d’exprimer sa tendresse et son humanisme, aidé en cela par la truculence de sa vedette Wallace Beery et par le charme de la jeune Karen Morley, l’ensemble reste assez ennuyeux, entre personnages caricaturaux et réalisation qui se cherche.

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2 commentaires sur “Une femme survint (Flesh, John Ford, 1932)

  1. C’est un grand plaisir d’arriver sur votre blog et d’être accueilli par Ford, également mon cinéaste fétiche. Je me pose sur cette note à cause de votre réflexion sur les premiers films parlants. Il y a de brillantes exceptions chez hawks, Lang ou Lubitsch, mais ça me semble assez juste sur Ford. Si vous avez lu la livre de McBride, il y a pourtant un film qui déclenche son enthousiasme : « Pilgrimage » (« Deux femmes ») qui date de 1933. On dit aussi beaucoup de bien de son film d’aventures maritimes « Men without women » qui date de 1930. Mais je connais mal cette période. Flesh, effectivement reste assez anecdotique malgré la présence de McLaglen.

  2. il est vrai que McBride m’a donné envie de découvrir Deux femmes !
    il est vrai aussi que le délicieux Une heure près de toi de Lubitsch ne souffre pas du tout des défauts que je trouve habituellement aux films du début des années 30.

    et sinon, vous confondez deux colosses…

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