Borsalino (Jacques Deray, 1970)

Film que je rêvais de voir étant gamin…et en effet, j’aurais certainement adoré ce film si je l’avais découvert dans ma période pré-ado/films de mafia. Aujourd’hui, il peut être difficile de passer outre la légèreté de la caractérisation des personnages et la superficialité de l’histoire racontée. Delon et Belmondo deviennent les rois de la pègre sans qu’on les voit tirer autrement qu’en état de légitime défense ou de vengeance. Leur seule mauvaise action montrée, c’est le saccage de l’étal de truculentes poissonnières…et c’est mis en scène de façon comique (à comparer par exemple avec la cruauté de l’incendie du kiosque à journaux dans Il était une fois en Amérique). Tout le problème, toute la différence avec les classiques du film de gangsters américain abondamment cités est là: la gravité et les enjeux moraux de l’intrigue sont trop souvent sacrifiés sur l’autel du sympathique, à l’image de la ritournelle de Claude Bolling. Il n’empêche. La dérision ne gâche pas complètement le film, les scènes de violence notamment sont réalisés de façon très sèche, sans musique, et les impacts sanglants sont montrés. La fin également donne une dimension humaine à des personnages qui se réduisaient jusqu’ici à leurs archétypes. Pour peu que l’on comprenne le fait que l’on regarde une superproduction très calibrée et non pas Le parrain français, Borsalino reste un bon film et il serait dommage de bouder son plaisir devant un divertissement d’aussi belle facture (distribution royale bien sûr mais aussi reconstitution fastueuse et métier de Jacques Deray) .

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3 commentaires sur “Borsalino (Jacques Deray, 1970)

  1. J’apprécie votre blog, surtout pour vos critiques d’Hitchcock et du ciné des années 30 – 50.
    Je suis par contre un peu plus mitigé pour vos choix de films après 60.
    Presque pas de trace du Nouvel Hollywood et de sa liberté créatrice sans limite. Où sont le Cimino de « The deer Hunter », Monte Hellman, Arthur Penn, William Friedkin, les bons Altman, Scorsese et son « Big shave », annonçant l’émergence des Movie brats et le « rasage » de l’ancien Hollywood ?
    C’est de toute façon un plaisir de vous lire. Ne prenez ce que je vous écris que comme quelques suggestions…

    Bien à vous,

    Thierry

  2. bonjour Thierry,

    ou avez vous vu des critiques de films d’Hitchcock sur mon blog ??
    mon blog n’a aucune ambition d’exhaustivité, comme le dit la phrase de l’en-tête, il est la pour garder une trace des films que je vois chaque soir.
    Par exemple, je peux d’ors et déja affirmer que vous n’êtes pas prêt de voir de film de Truffaut ou Leone chroniques ici parce que bien qu’ils fassent partie de mes favoris, je les avais tous vus avant le lancement du blog. et ils ne sont pas rares donc je ne risque pas de les oublier.
    sinon, j’ai parlé de Nashville qui est, c’est le moins qu’on puisse dire, un « bon Altman » et (attention, teasing comme disent les Américains) je devrais prochainement mettre en ligne un avis sur un film d’Hal Ashby…

    et a titre personnel, je ne partage guère l’enthousiasme actuel pour Monte Hellman ou William Friedkin. mais leurs films sont déjà amplement chroniqués de par le web.

    bien a vous,

    Christophe

  3. Autant pour moi, ma langue a fourché… je voulais bien entendu écrire John Ford et non Hitchcock, dont je me repassais hier les « 39 marches ». Ceci explique sans doute cela.

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