Merlusse (Marcel Pagnol, 1935)

Ce moyen-métrage racontant une nuit de Noël dans un pensionnat marseillais est une pure merveille de tendresse et d’humanité. Chaque personnage, enfant ou adulte, est caractérisé de façon très simple et très juste. Rien n’est lénifiant dans ce grand petit film car quel drame plus terrible que des enfants oubliés par leurs parents le jour de Noël? Le trait n’est cependant jamais forcé, l’oeuvre étant équilibrée par un charmant humour enfantin. Les petits héros qui espèrent des retrouvailles jusqu’au dernier moment sont en même temps très lucides et Pagnol montre ainsi la dure réalité du monde extérieur. Grâce a cet ancrage réaliste, l’émerveillement final est redoublé; car Merlusse est un conte, sans doute le plus beau conte de Noël du cinéma français. Et à ce titre, il se clôt par un enchantement. Les acteurs, Henri Poupon dans le rôle-titre en tête, sont tous formidables. La mise en scène de cet immense conteur qu’était Marcel Pagnol est admirablement épurée, entièrement au service des personnages: pas la moindre fioriture décorative qui détournerait l’attention du spectateur de la narration. Enfin, les ritournelles de Vincent Scotto sont particulièrement touchantes et ajoutent à la réconfortante émotion distillée par ce chef d’oeuvre injustement méconnu.

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