Applause (Rouben Mamoulian, 1930)

Applause n’est pas un très bon film. L’intrigue mélodramatique, en plus d’être sottement moralisatrice (couvent = le bien, show-business= le mal), ne sort jamais de ses sentiers battus. Certes, le film ayant été tourné avant le code Hays, il atteint des sommets (ou des tréfonds ?) dans le glauque que le cinéma hollywoodien ne réatteindra pas de sitôt. Mais le jeu hyper-appuyé des acteurs jouant des personnages unidimensionnels achève de désintéresser le spectateur de l’histoire qui lui est racontée.
Malgré ces indéniables défauts, Applause jouit d’une considération dont peu de films de cette époque -le début du parlant- peuvent se targuer. Pourquoi ? Eh bien, c’est qu’en dépit du statisme des comédiens, la caméra est étonnamment dynamique. Le jeune Mamoulian a beaucoup expérimenté sur ce film et c’est ce qui le rend un peu plus intéressant que la moyenne de la production d’alors. Il n’a certes rien inventé qui n’ait déjà été tenté au temps du muet mais son montage et ses cadrages sont très variés pour un film encombré par des appareils très lourds et des microphones gênants. C’est souvent pertinent (les fondus enchaînés du montage alterné lors de la tentative de suicide) , ça l’est parfois moins (la première rencontre entre le marin et la jeune fille où la caméra suit…leurs pieds) mais peu importe. Applause est un film de transition, de recherche.

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