Du plomb pour l’inspecteur (Pushover, Richard Quine, 1954)

D’abord, ne pas se fier au titre français. Ceci n’est pas une suite de La panthère rose mais un vrai film noir.
Un flic en planque s’amourache de la maîtresse du gangster qu’il recherche…S’ensuit une descente aux enfers façon Assurance sur la mort. D’ailleurs, ce n’est certainement pas un hasard si c’est Fred MacMurray, l’anti-héros du classique de Billy Wilder, qui tient le rôle principal. Il faut dire qu’il est l’acteur idéal pour ces rôles d’homme médiocre embarqué dans des histoires sordides à cause d’une femme. Le film utilise donc consciemment des clichés préexistants et en cela, il tend vers le maniérisme. La mise en scène ultra-stylisée, avec ses rues de studio vides, sa photo noir&blanc léchée, tend vers une abstraction toute melvillienne, elle fascine le spectateur plutôt qu’elle ne donne une consistance (pyschologique, sociale…) à ses personnages. Mais ici, c’est peu dire que la forme est à l’image du fond, la forme est même l’image du fond, le personnage de MacMurray n’agissant que par fascination pour la femme du gangster. Femme incarnée par Kim Novak, Kim Novak la star parfaite…c’est à dire la fascination incarnée en femme. La façon dont son visage est sublimé dans Pushover me fait dire que rarement actrice aura été aussi bien filmée. D’ailleurs, il faut rappeler que c’est Richard Quine qui a « créé » Kim Novak, de la même façon que Von Sternberg a créé Marlene (sans aller cependant jusqu’à lui arracher des dents pour améliorer son profil).

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2 commentaires sur “Du plomb pour l’inspecteur (Pushover, Richard Quine, 1954)

  1. A-t-elle jamais été plus attirante que dans Pushover , j’en doute sérieusement ! Ce qu’il y a de fascinant dans Kim, c’est ce profil de »prom queen » et cette inquiétude qui ne se dissipe jamais vraiment dans son regard . Comme si elle doutait toujours d’être à la hauteur. Ca saute aux yeux dans Picnic mais le film de Logan est moins maîtrisé que celui de Quine.

  2. oui, cette gravité permanente…qui se manifeste aussi à travers sa diction très solennelle.
    ce qui d’ailleurs rend son registre de jeu assez limité à mon sens. Par exemple dans Liaisons secrètes, du même Quine, elle n’est guère convaincante en femme moyenne américaine, même si le film est par ailleurs réussi. alors que c’est évidemment une femme fatale idéale, pas une femme fatale manipulatrice à la Barbara Stanwyck ou une femme fatale psychotique à la Jane Greer, non une femme fatale qui n’existerait que par son pouvoir d’attraction…un pur objet de fascination.

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