Forfaiture (The cheat, Cecil B. De Mille, 1915)

Un des films les plus célèbres de l’histoire du cinéma qui frappe encore par la maîtrise, l’aboutissement de sa mise en scène. La narration est exemplaire, tout est raconté par les images, très peu de cartons viennent altérer la fluidité du film. Selon certains historiens du cinéma, c’est la première fois que les éclairages sont stylisés en fonction de la dramaturgie, ajoutant une teneur mystérieuse à un récit simple mais brassant toutes sortes de fantasmes: exotisme oriental, domination, sadisme, manipulation féminine…Nulle visée idéologique dans ce film utilisant toutes sortes d’archétypes négatifs, de l’Asiatique sadique à la femme sournoise, mais l’exploitation sans vergogne de figures qui hantent l’imaginaire collectif pour montrer les différentes perversions de l’âme humaine. Ajoutons pour les bonnes âmes qui ont tôt fait de s’offusquer que le quasi-lynchage final montre que l’industriel asiatique n’est pas complètement diabolisé par le récit et que la tricherie du titre est en fait celle de la femme américaine. Forfaiture n’est donc pas plus raciste que misogyne. Forfaiture est un séduisant cauchemar. De Mille avait compris en 1915 que le cinéma est l’art de la fascination.

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