Gabriel over the white house (Gregory La Cava, 1933)

Après un accident de voiture, un président des Etats-Unis cynique se fait un devoir de sortir son pays de la crise et le monde de la course aux armements. Envers et contre toutes les diverses forces réactionnaires.
Gabriel over the white house est une extraordinaire politique-fiction. La première beauté du film est de faire apparaître les décisions politiques les plus folles comme évidentes. Rarement au cinéma croyance dans l’utopie aura été aussi manifeste. Le film est évidemment étroitement lié à son contexte historique puisqu’il est sorti quelques mois après l’accès de Roosevelt au poste suprême. Plusieurs péripéties de Gabriel over the white house ont eu des échos réels. Ainsi de l’armée pacifique des chômeurs qui est à mettre en parallèle avec la politique keynésienne des grands chantiers d’état. C’est comme si les auteurs avaient utilisé la fiction pour prodiguer leurs conseils à la nouvelle administration ! Le danger idéologique avec une oeuvre qui présente un homme providentiel et des solutions « pleines de bon sens » à tous les maux, c’est qu’elle peut verser dans le populisme à tendance fasciste. Heureusement, Gabriel over the white house contient en filigrane sa propre critique. Ainsi du panoramique sur la statue de la liberté au moment de l’exécution massive des gangsters. A ce moment, le risque d’éloignement des valeurs américaines d’un régime tel que présenté dans le film est évident.
Enfin, Gabriel over the white house est doté d’un sous-texte biblique d’autant plus beau qu’il reste suggéré. Cela enrichit l’oeuvre d’un caractère fantastique qui tend à la rendre définitivement inclassable.

Publicités

2 commentaires sur “Gabriel over the white house (Gregory La Cava, 1933)

  1. C’est l’un des premiers films que j’ai vu au Cinéma de minuit. J’étais ado et j’avais trouvé ça complètement nul et ridicule.
    Très certainement, il était trop tôt pour moi, manquant alors de recul et de connaissances cinématographiques. Depuis, je me dis que j’aimerai bien le revoir.
    Positif en a parlé deux ou trois fois, dont la dernière, assez longuement et de façon intéressante, au milieu de leur dossier sur les présidents américains, le mois dernier.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s