Quatre de l’infanterie (Westfront 1918, Georg Wilhelm Pabst, 1930)

Après la Grande guerre, plusieurs soldats ont raconté leur expérience dans des romans et plusieurs cinéastes ont adapté ces romans. Le premier film sonore de Pabst est ainsi une adaptation de Quatre de l’infanterie écrit par Ernst Johannsen. Le film n’est pas très romancé, c’est une suite de saynètes relativement autonomes les unes par rapport aux autres. Les tranchées sont montrées comme un enfer qui engloutit les forces vives d’un pays sans distinction d’âge ni de classe. L’arrière est constitué de salopes qui trompent leur mari avec leur boucher et de bourgeois condescendants détachés des réalités du front. On ne s’éloigne guère des lieux communs d’un sous-genre du film de guerre dont le représentant le plus connu est A l’Ouest rien de nouveau. Heureusement, Quatre de l’infanterie trouve sa singularité lorsque le ton réaliste de Pabst disparaît peu à peu au profit d’une représentation infernale. La fin est un poème lugubre où boue, chair et métal s’entremêlent dans des plans saisissants qui frappent par leur ampleur chaotique. Cette fin suffit à rendre le film de Pabst supérieur au long et ennuyeux A l’ouest rien de nouveau mais le meilleur film sur le sujet reste à mon sens l’adaptation du chef d’oeuvre de Roland Dorgelès par Raymond Bernard: Les croix de bois.

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4 commentaires sur “Quatre de l’infanterie (Westfront 1918, Georg Wilhelm Pabst, 1930)

  1. Lointain souvenir de ces trois films, vus à la même époque, sûrement à l’occasion d’une date anniversaire de 14-18, mais même hiérarchie : un Milestone moyen, un Pabst puissant et un remarquable Raymond Bernard (responsable également de la meilleure version des Misérables, cinéaste à découvrir, donc).

  2. tout à fait, Raymond Bernard est un cinéaste très intéressant.
    Marthe Richard, délicieux film d’espionnage avec je crois Edwige Feuillère, Tartarin de Tarascon avec Raimu, Les otages, sont des divertissements qui dénotent le travail d’un brillant artisan, doté d’un sens visuel rare dans le cinéma français d’alors.

  3. « A l’ouest rien de nouveau » n’a rien d’ennuyeux et est fidèle au roman du grand ecrivain pacifiste allemand Remarque,dont les livres furent brûlés par les nazis et à qui nous devons le grand Sirk  » a time to love and a time to die » .Les deux autres films (Bernard et Pabst) sont remarquables aussi .J’y ajouterai les deux versions de « J’accuse » du titan Abel Gance et plus recemment « paths of glory , « Johnny Got His gun »et « la vie et rien d’autre »

  4. J’accuse, tout du moins dans sa première version, est un film grandiose mais j’aurais du mal à le comparer aux autres films cités dans mon post.
    Il y a Abel Gance et puis il y a les autres.

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