Boule de suif (Christian-Jaque, 1945)

Film assez typique de la qualité française. Adaptation de classiques littéraires (le film s’inspire de deux nouvelles de Maupassant: Boule de suif mais aussi Mademoiselle fifi), direction artistique fastueuse, dialogues de Jeanson, comédiens de métier…Pour toutes ces raisons, le film n’est pas trop désagréable à regarder. Malheureusement, il est handicapé par un scénario médiocre: personnages réduits à des archétypes et déterminés du début à la fin par la charge sociale qu’ils cristallisent, présence de séquences superflues sans rapport avec l’intrigue qui ne sont là que pour montrer combien les Allemands sont horribles. Cet esprit revanchard est tout à fait compréhensible vu la date de tournage du film mais il apparaît un peu lourd aujourd’hui.

Ce qui rend le film intéressant, c’est le travail de Christian Matras, génial chef opérateur qui allait photographier Le plaisir quelques années plus tard. C’est le plus beau compliment qu’on puisse faire au film de Christian-Jaque que de dire que son rendu plastique anticipe celui du chef d’oeuvre de Max Ophuls. Les images sont superbement éclairées, les mouvements d’appareil dynamisent considérablement la mise en scène (notamment les panoramiques accélérés).

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