Au fil de l’eau (House by the river, Fritz Lang, 1949)

Note dédiée à bubulle

Un écrivain frustré tue malencontreusement sa servante qui se refusait à lui. Il demande à son frère de l’aider à camoufler le crime…

C’est le début d’un engrenage terrible qui va révéler les tréfonds de chacun des trois personnages impliqués dans le drame: l’écrivain, son frère et son épouse. Chez Lang, l’intrigue policière est en effet un prétexte pour mettre à nu l’âme humaine dans un implacable mouvement tragique. House by the river est un de ses films dans lesquels apparaît le plus clairement ce qu’il pense de l’humanité: TOUS COUPABLES. La dualité entre les deux frères peut, au premier abord, faire croire à une vision du monde manichéenne mais, après tout, si le gentil aide son frère criminel c’est qu’il désire sa femme…Pour l’auteur de M le maudit, le mal fait partie intégrante de l’être humain.  C’est génialement montré dans les séquences du début, celles qui mènent au meurtre. Le spectateur s’identifie tout de suite à cet homme moyen qui reluque et taquine sa jeune et jolie domestique. Et, la précision du découpage et l’expressivité des acteurs aidant, le meurtre apparaît comme inéluctable. La fatalité et les pulsions de l’homme sont intimement liés.

Ceci étant dit, House by the river est surtout un film dans lequel éclate le génie plastique de son auteur.  Le cinéaste prolonge les recherches picturales entamées l’année précédente dans Le secret derrière la porte, film dont les images étaient particulièrement sombres. Désormais, les contrastes restent marqués  mais, dégagés de la pesanteur signifiante qui caractérisait le style du Secret derrière la porte, ils chantent l’obscurité de la nature américaine. La façon dont les bois et la rivière de studio sont éclairés rappelle forcément La nuit du chasseur. A ceci près qu’ici, le fleuve est un motif récurrent dont le symbolisme est plus littéral, ce qui stoppe d’emblée la comparaison avec la mise en scène du film de Laughton, chef d’oeuvre de poésie pure.

Le seul point faible du film réside dans la séquence du procès, ennuyeuse car purement dévolue à montrer  l’état de l’enquête policière. Or ce qui est intéressant, c’est précisément tout le reste. House by the river n’en reste pas moins une des oeuvres majeures de Fritz Lang, un film dont la puissance tragique n’a d’égale que la beauté plastique.

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Un commentaire sur “Au fil de l’eau (House by the river, Fritz Lang, 1949)

  1. Ambiance gothique avec un morbide qui culmine quand un des personnages semble revenir d’entre les morts.

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