Le salaire de la violence (Gunman’s walk, Phil Karlson, 1958)

Un rancher qui s’est installé grâce à sa maîtrise des colts, est confronté à un de ses fils qui entend suivre la même voie que son père. Entretemps, la civilisation s’est établie et les temps ont changé…

Un beau western tragique comme il en est sorti plusieurs dans les années 50. S’agissant d’un produit Columbia dans lequel on retrouve notamment Van Heflin, une comparaison avec les films de Delmer Daves permet de cerner rapidement ce Salaire de la violence. Représentez vous un western de Delmer Daves, avec son scénario riche de sens (ici: établissement du law and order, relations paternelles…), ses personnages émouvants soumis à de graves dilemmes mais remplacez le lyrisme et la sensualité caractéristiques des chefs d’oeuvre de Daves par une mise en scène purement fonctionnelle. Remplacez aussi la foi sublime de l’auteur de Trois heures dix pour Yuma par un cru désenchantement. Le salaire de la violence n’est pas un chef d’oeuvre mais il y a de quoi passer un excellent moment pour peu qu’on soit un tant soit peu amateur du genre.

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7 commentaires sur “Le salaire de la violence (Gunman’s walk, Phil Karlson, 1958)

  1. Je viens de le voir, je suis très emballé. Par contre, plutôt qu’à Daves, je le comparerais à certains westerns de Dmytryk et surtout à « libre comme le vent » de Robert Parrish.

      • Oui mais c’est l’habillage tout ça. Les thèmes se retrouvent davantage dans « Libre comme le vent » que je te conseille d’ailleurs si tu ne l’as jamais vu, c’est à la fois très beau et croustillant (Cassavetes en cowboy fou de la gâchette, c’est quelque chose).

      • Très bien. Cette chronique n’apparaît pas sur le blog si je ne m’abuse. Je suppose que tu l’as écrite il y a longtemps (je doute que tu emploierais l’expression « western crépusculaire » aujourd’hui que tu es trentenaire niark niark)

    • voilà que j’en avais écrit à l’époque:
      Quelle plus grande satisfaction pour un cinéphile que celle de découvrir qu’un film inconnu d’un réalisateur peu renommé s’avère finalement être un quasi-chef d’oeuvre à réestimer d’urgence ?
      C’est ce qui m’est arrivé cet après-midi avec ce western de Robert Parrish -monteur de Ford- tourné pour la MGM. Un film qui m’a beaucoup fait pensé à certains film d’Anthony Mann, particulièrement L’homme de la plaine et L’homme de l’Ouest. Sans doute grâce à de superbes cadrages millmétrés en Scope-couleur, des personnages névrosés, une violence quasi-sadique et des acteurs que l’on retrouve dans les deux films précédemment cités (Julie London notamment).
      L’histoire est celle de deux frères: l’aîné tente de veiller sur son cadet, un gamin immature qui va se transformer en jeune chien fou après avoir réussi à abattre un pistolero particulièrement craint.
      Le jeu moderne et fiévreux du jeune John Cassavetes rend palpable la transformation d’un gosse frustré (il y a un sous-texte sexuel évident dans ce film) en véritable délinquant qui se croit plus fort que tout le monde. Il faut le voir se jeter sur une bouteille de whisky après avoir tué l’homme qui menaçait son grand frère. Le scénario riche, implacable et véritablement tragique n’a pas grand chose à envier à ceux des meilleurs westerns de Mann. La violence est mise en scène de manière particulièrement dérangeante; c’est encore plus âpre que chez Mann.
      Bref, un grand western crépusculaire qui pose la question de la violence individuelle d’une manière admirable et qui annonce avec trente ans d’avance certains des aspects les plus matures du discours d’Impitoyable.
      J’ai hâte de décourir L’aventurier du Rio Grande du même réalisateur avec Robert Mitchum.

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