Le soleil (Alexandre Sokourov, 2005)

Chronique de la vie de l’Empereur Hiro-Hito au moment de la capitulation du Japon.

Nullité à tous les étages. Ce qui caractérise d’abord Le soleil, ce sont ces images numériques vert caca d’oie qui ravalent le Japon en guerre à une cinématique de jeu vidéo. Ce sont ensuite ces cadres perpétuellement immobiles et une complaisance très « art et essai post-Antonioni » dans la lenteur. Cette esthétique pesante et affectée étouffe toute vie, tout mouvement, toute émotion, bref tout ce qui fait habituellement l’intérêt du cinéma. Ce non-style suffit à faire du film un navet mais vu la gravité du sujet touchons deux mots sur la vision qu’en a l’auteur. Cette vision est pour le moins limitée. C’est la présentation de l’empereur comme un enfant attardé irresponsable. Les questions morales, politiques liées à la fin de la seconde guerre mondiale sont purement et simplement évacuées au profit d’une solennité complètement creuse de la représentation. Pour la profondeur de la réflexion historique, c’est comme pour la mise en scène: on repassera.

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2 commentaires sur “Le soleil (Alexandre Sokourov, 2005)

  1. « Nullité à tous les étages », c’est un peu excessif, non ? Ce serait un peu long de développer, mais pour moi Sokourouv utilise vraiment l’histoire comme un fond (presque une toile peinte), ne cherche pas à faire dire quoi que ce soit sur une époque (d’où l’impression qu’il « évacue les questions »), mais simplement à en transmettre quelques échos assourdis, une sorte de trace ultime de ce qui reste après le fracas, la déflagration (la déliquescence des empires allemands, russes, japonais est le leitmotiv de ses derniers films). Et ça, ça vaut bien beaucoup de « fictions historiques et documentées ».
    Donc balayer ce titre d’un revers de la manche, je ne suis pas d’accord.

    Sinon, bravo pour ce blog, ses jugements synthétiques, parfois lapidaires, mais qui, quoi qu’il en soit, me donnent envie de découvrir beaucoup de titres.

  2. merci du compliment Joachim.

    à vrai dire, cette expression n’est jamais que l’expression de mon ressenti et les « échos assourdis » dont vous parlez le sont tellement, assourdis, que je ne les ai pas perçus…c’est peut-être mon regard qui manque de subtilité mais Le soleil m’est apparu affreusement vain. bon, je l’ai vu à la télévision, peut-être qu’en salle, l’expérience aurait été différente.
    c’est vrai que d’une manière générale, je suis plus sensible aux films avec du contenu. pas forcément du discours mais au moins de la narration.
    Ensuite, je ne veux pas jouer au père la morale et je ne connais de toute façon pas assez Sokourov pour le juger en tant qu’artiste mais je trouve ça limite douteux cette fascination pour la fin des empires totalitaires qui absoudrait l’auteur de toute réflexion morale sur le sens de tels évènements. La représentation d’Hiro-Hito dans ce film, entre Louis XVI et Charlot, est assez grave je trouve.

    Et quel que soit le caractère lapidaire de mes avis, n’hésitez pas à apporter votre contrechamp quand vous n’êtes pas d’accord. Il est toujours bienvenu.

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