L’ange noir (Jean-Claude Brisseau, 1994)

L’épouse d’un juge assassine un truand chez elle. Elle prétend qu’il voulait la violer. L’affaire apparaît pliée avant même d’être jugée. Mais l’avocat de l’accusée va découvrir un passé complexe…

L’ange noir est un film extraordinaire qui emprunte autant au mélodrame qu’au thriller pour traiter de l’amour fou. On est sans cesse surpris mais l’oeuvre a sa propre logique même s’il y a quelques trucs invraisemblables pour faire avancer le scénario (ainsi du jeu de pistes au début de l’enquête). Utilisant sans vergogne les codes de différents genres et les références à des cinéastes du  passé (Sylvie Vartan, digne héroïne hitchcockienne), Jean-Claude Brisseau arrive à quelque chose de très singulier grâce à son style. Style qui se manifeste notamment dans l’utilisation de la lumière qui confère un certain onirisme à un récit très terre-à-terre.

En effet, Brisseau est, dans une époque gangrénée par le cynisme et la mécréance, un des derniers raconteurs d’histoire à croire en la possibilité de traiter frontalement de thématiques aussi essentielles que l’amour ou les classes sociales. Ce sans asséner de discours, sans que l’importance du contexte social ne nie celle des sentiments individuels. D’où une profondeur dramatique, d’où un refus de l’insignifiant, d’où une absence de second degré qui rendent L’ange noir à la fois passionnant à regarder et très précieux quand on se rappelle combien ces qualités sont rares dans le cinéma français.

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3 commentaires sur “L’ange noir (Jean-Claude Brisseau, 1994)

  1. C’est exactement ça et j’avoue que j’avais un peu peur de le redécouvrir mais le film n’a pas pris une ride. Brisseau est un cinéaste vraiment singulier et précieux (ça me fait penser que son dernier film n’est toujours pas arrivé jusque dans ma ville…)

  2. Pour moi l’un de ses meilleurs.
    Force cependant est de constater la totale ineptie formelle de ses derniers films. A un tel niveau, il n’y a plus rien à sauver.

  3. Les anges exterminateurs n’était pas terrible terrible c’est vrai mais j’ai bien aimé pourtant. savoir si les raisons étaient bonnes ou mauvaises est une autre histoire.
    je n’ai pas été voir A l’aventure.

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