Accattone (Pier Paolo Pasolini, 1961)

Dans la banlieue de Rome, les pérégrinations d’un petit proxénète.
Sans atermoiement ni pudibonderie, Pasolini filme le quotidien des mauvais garçons romains. Le décor à base d’immeubles inachevés et de terrains vagues ressemble à celui des Nuits de Cabiria, dont Pasolini avait écrit les dialogues. Les personnages sont des Vitelloni en plus méchant. Pasolini a une certaine tendresse pour ces minables pourtant montrés en tant que tel (il appuie bien leur côté parasitaire). L’ancrage est donc néo-réaliste mais le poète ajoute ses préoccupations sacrées qui insufflent au film une force tragique. Le minable aspire à la sainteté mais il restera dans la boue…boue sociale et morale. Un style à la fois cru et dramatisant (musique de Bach, noir et blanc contrasté) fait d’Accattone un très beau film. Pasolini n’a jamais fait plus percutant.

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3 commentaires sur “Accattone (Pier Paolo Pasolini, 1961)

  1. Votre dernière phrase me plait car lorsque l’on parle de Pasolini, on va généralement tout de suite vers le théoricien et ses films des années post-68 alors que, pour ma part, je suis bien plus sensible à Accattone, Mamma Roma et L’évangile selon saint Matthieu qu’aux suivants, qui m’ont laissé perplexes (cela dit, il y a fort longtemps que je n’en ai pas vu).

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