Le cri de la victoire (Battle cry, Raoul Walsh, 1955)

Du camp d’entraînement à la bataille de Saipan, le destin d’une poignée de jeunes engagés dans les Marines.

La construction est assez inhabituelle puisqu’avant de montrer la bataille (et quelle bataille!), près de deux heures sont consacrées à la vie en caserne et aux manœuvres d’entraînement, à San Diego puis à Wellington. Les diverses liaisons amoureuses des jeunes recrues occupent une place importante dans l’histoire racontée. Jeunes filles, prostituées, veuves ou épouses de soldat au front composent un large panel féminin, un prisme inhabituel au travers duquel est vue la réalité protéiforme de la guerre. Ainsi, Le cri de la victoire tient autant du film de guerre que du mélo.

Les stéréotypes sont très voyants au départ mais assez rapidement les personnages s’en dégagent grâce à la mise en scène de Raoul Walsh. Finesse de la direction d’acteurs et simplicité du style permettent au cinéaste d’évoquer d’une manière sensible et concise les effusions de camaraderie avant le départ au front, le discret attendrissement d’un officier devant les mensonges d’une bleusaille vantarde, les beuveries de toute sorte, l’esprit d’initiative d’une femme au foyer californienne esseulée…Tout cela donne lieu à une multitude de saynètes truculentes et sentimentales qui font vivre les personnages et qui en montrent plus long sur la jeunesse en guerre que n’importe quel autre film du genre.

Reste que Le cri de la victoire est d’abord l’adaptation d’un roman de Leon Uris faisant la promotion du corps des Marines. D’où sans doute les résidus d’une lourdeur propagandiste qui se manifeste notamment par l’apologie du sacrifice, le battle cry du titre étant le nom du colonel mort après avoir tout fait pour se retrouver en première ligne avec son régiment. Clairement, Walsh ne prend aucun recul par rapport à cette vision des choses un peu débile. Idéologiquement, son adaptation de Norman Mailer, Les nus et les morts, sera moins simpliste. Cela n’empêche pas Le cri de la victoire d’être un très beau film pour toutes les raisons citées plus haut et d’autres encore (il y a un strip-tease de Dorothy Malone).

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s