Ruby in Paradise (Victor Nuñez, 1993)

Une jeune femme quitte son homme et arrive en Floride. La saison vient de se terminer mais elle parvient à se faire embaucher dans une boutique…

Des plages désertes, un passé que l’on fuit, des espoirs finalement très prosaïques…Si Bruce Springsteen avait été une femme, il aurait sans doute chanté Ruby in Paradise. Il s’agit d’un beau film sur le rêve américain  injustement tombé dans l’oubli. Ayant fait sensation au festival de Sundance en 1993, ce petit film de Victor Nuñez n’a pas grand-chose à voir avec le cinéma indépendant des années 2000. Les personnages ne sont pas « décalés », les couleurs ne sont pas celles d’une bande dessinée, la bande originale n’est pas faite de rock branché. Non, ce qui compte ici, c’est l’attention du cinéaste à ses personnages et plus particulièrement à sa magnifique héroïne. Une partie de la beauté de Ruby in Paradise réside dans ses moments en creux, ses digressions qui ne payent pas de mine mais qui émeuvent par leur justesse, leur vérité tout simple. Exemple: les tranches de rigolade des ouvrières pendant leurs pauses à l’usine.

La voix-off donne une dimension introspective à l’oeuvre mais le contexte social est toujours essentiel puisque Nuñez retrace d’abord l’itinéraire d’un retour à la communauté. Ainsi, on avait rarement vu une Floride aussi authentique au cinéma. De plus, les personnages secondaires sont très beaux. Il n’y a pas de réel méchant même si certains le paraissent à certains moments du film. Chacun a ses motivations, chacun a sa dignité, aucun n’est sacrifié à de quelconques facilités dramatiques. Enfin, ce qui rend Ruby in Paradise particulièrement attachant, c’est Ashley Judd. Ici à ses débuts, elle est superbe. En incarnant Ruby avec autant de charme que de dignité, elle donne au film sa chair.

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3 commentaires sur “Ruby in Paradise (Victor Nuñez, 1993)

  1. Il y a Ashley Judd, belle et bouleversante. Il y a la Floride, remarquablement filmée par Nuñez qui contourne les écueils de carte postale si vite rencontrés lorsqu’on tourne à cet endroit. Et puis il y a, comme vous le mentionnez dans votre note, une absence totale de ces tics branchouilles qui nuisent à une bonne partie des films US indé de la dernière décennie. Visuellement, c’est fluide, c’est simple et c’est beau, avec des thèmes musicaux souvent agréables et pas trop intrusifs. Seulement voilà, qu’est-ce que c’est lent ! Passé le premier tiers, j’ai peu à peu décroché au petit train-train pas forcément très mouvementé de Ruby, j’avoue. Si je salue la sobriété et l’authenticité du film, j’aurais tout de même aimé un peu plus d’éclat, un brin de folie là-dedans. Sans compter qu’en dehors de Judd et Dorothy Lyman, les acteurs ne sont franchement pas terribles. Bref, mitigé pour ma part.

  2. Je peux comprendre.
    Pour ma part, Ashley Judd et l’authenticité de la mise en scène m’ont suffi à aimer le film (mais je n’en fais pas non plus un chef d’oeuvre).

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