Solitude (Paul Fejos, 1928)

solitude

Un ouvrier rencontre une standardiste à Coney Island.

Autrement dit « Boy meets girl ». Solitude ne raconte ni plus ni moins que le début d’une histoire d’amour dans une grande ville moderne. Aucune réelle originalité (les scènes de kermesse sortent tout droit de L’aurore) mais une perfection technique de chaque instant. Ce chant du cygne du cinéma muet bénéficie de tous les acquis de trente ans d’art silencieux. Surimpressions, travellings et montage accéléré sont employés avec la plus évidente des virtuosités par le cinéaste. Qu’il s’agisse d’évoquer l’effervescence des standardistes débordées, la liesse populaire à la fête foraine ou la simplicité des tâches quotidiennes, Fejos ne manque ni d’habileté ni de tact. Il fait même oeuvre de poète à l’occasion de certaines séquences. Ainsi de la merveilleuse solitude du couple au milieu de la piste de danse. Cependant, et c’est peut-être la singularité de Solitude, cette maîtrise absolue du réalisateur va de pair avec une attention réaliste à ce qu’il représente. Son film ne manque pas de vie et Barbara Kent, qui a fêté son 103ème anniversaire le mois dernier, ne manque pas de fraîcheur.

Tout au plus pourra t-on regretter que ce flot vertigineux d’images ne fasse guère plus qu’illustrer la romance: le discours sur le manque de communications dans une société industrielle est loin d’avoir la profondeur de celui de Vidor dans La foule, sorti la même année. Mais après tout, l’ambition de Fejos n’est certainement pas la même que celle de Vidor. Et en tant que tel, son film est une parfaite réussite. Pour peu que l’on accepte sa sentimentalité parfois excessive (l’homme qui se met à pleurer à la fin), Solitude s’avère tout à fait charmant.

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7 commentaires sur “Solitude (Paul Fejos, 1928)

  1. Et m… ! C’était ce soir à la Cinémathèque et j’ai complètement oublié. J’ai le souvenir de l’avoir vu, sans doute au Cinéma de Minuit, il y a belle lurette et d’avoir été charmé par cette histoire simple si bien mise en images et par le charisme de ses deux acteurs. C’était la version où les deux personnages échangent quelques paroles (sur la plage de Coney Island, si mes souvenirs sont bons) ou la version muette qu’ils ont passé ?

  2. en fait, c’est dimanche prochain que le film est projeté à la cinémathèque. Tout n’est pas perdu Tom!
    La copie que j’ai vu, c’était un enregistrement de la RAI…version purement muette.

  3. joli film par le futur realisateur d’un « fantomas » dont la premiere partie est tres fidele au roman meme si la suite est plus confuse

  4. Ça y est, je l’ai revu ce soir à la Cinémathèque et le petit film qui m’avait tant marqué n’a pas démérité. C’est peut-être bien le scénario le plus simple (ou le moins compliqué) jamais sorti d’Hollywood mais ça fonctionne parfaitement, comme une petite chanson d’amour de l’époque. « La Foule » de Vidor a plus de choses à dire et à montrer mais « Lonesome », par son extrême simplicité narrative et sa pétulance formelle, est un petit bijou qui peut se passer de comparaison. J’avais le souvenir de la belle présence des deux acteurs, que j’ai retrouvée intacte. Un petit bémol cependant : la copie de la Cinémathèque n’était pas formidable et surtout, la petite scène de dialogue sur la plage de Coney Island est restée muette, au contraire de la copie que j’avais pu voir il y a longtemps et où les deux acteurs se mettaient à vraiment parler, pour dire des banalités, mais du coup, des banalités magiques. Vraiment, j’adore ce film.

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