Juliette des esprits (Federico Fellini, 1965)

Les rêveries de l’épouse délaissée d’un bourgeois italien.

Le premier film en couleurs de Fellini inaugure une (longue) série de loukoums kitschs et auto-complaisants. Le cinéaste met en scène fantasmes et souvenirs sans le moindre souci de cohérence, de ligne directrice. Juliette des esprits se réduit à un cirque grotesque qui part dans tous les sens. A cette époque, le style de Fellini est de plus en plus détaché du réel. La « poésie du maestro » a largement pris le pas sur la vérité chaplinesque des pépites réalisées lors de la décennie précédente  (Les nuits de Cabiria en premier lieu). Autorités morales et sectes new-ages étant caricaturées de la même manière carnavalesque, le film ne dit rien de consistant et apparaît en fait très uniforme sous ses dehors baroques et foisonnants. Le traitement du démiurge nombriliste qu’est Fellini étouffe complètement son sujet éventuel. Toute vie, tout naturel mais aussi et surtout tout érotisme sont bannis. Ne reste qu’une ribambelle inexpressive de couleurs saturées et de décors délirants.

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3 commentaires sur “Juliette des esprits (Federico Fellini, 1965)

  1. Vous avez parfaitement raison, c’est quasiment inregardable. Surtout comparé aux quelques chefs-d’œuvre de Fellini comme la Dolce Vita ou 8 et demi.

  2. Je te trouve bien dur avec ce Fellini qui se (re)lâche avec « Juliette des Esprits ». Je n’ai pas revu le film depuis bien longtemps donc je ne peux argumenter dans la nuance mais si je ne me souviens pas du tout du propos du film, j’ai en mémoire des images qui ne s’en vont pas : des femmes en grands chapeaux qui marchent de front dans un sous-bois et s’embrassent sans se toucher, un voyant et une histoire de pomme, un hercule de cirque… Des flashs oniriques (« poétique » tu dis), surréalistes qui n’ont pas de sens mais qui exploitent la magie de base du cinéma : des images qui bougent et qui parlent parce qu’elles le peuvent. J’aime beaucoup ce Fellini-là, qui a laissée tomber le corps et la narration pour se disperser dans la confusion du souvenir.

  3. tes souvenirs ne doivent pas être si lointains, en fait encore une fois, on est assez d’accord sur le constat…je ne nie pas qu’il y a de belles images au cours de ces deux heures trente de métrage…simplement, nos différences de goût font qu’on n’a pas la même conclusion.

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