Les cent cavaliers (Vittorio Cottafavi, 1964)

En l’an mil, l’affrontement entre les Chrétiens et les Maures autour d’un village castillan.

Un véritable film épique. Le récit ne s’embarrasse pas de conventions romanesques. Sans la moindre facilité dramaturgique, Les cent cavaliers raconte l’affrontement de deux forces antagonistes après une implacable escalade politique (occupation…). Il n’y a ni diabolisation ni angélisme d’aucun des deux camps. Les adversaires peuvent se respecter mutuellement comme lors du duel entre un Musulman et le jeune fils d’un Espagnol. Le regard de Cottafavi est impartial, net et direct. A l’image de sa mise en scène rigoureuse dont la beauté classique est à peine entachée par une poignée de zooms vulgaires.

L’intérêt d’un film qui montre la guerre avec un tel détachement (le même détachement que celui d’Otto Preminger dans ses films contemporains, c’est à dire un détachement qui n’a rien de la posture cynique mais qui vise à la représentation objective d’une réalité donnée), c’est qu’il vaut mieux que les pamphlets de tous les Yves Boisset du monde. Le grand film épique qu’est Les cent cavaliers s’avère in fine un grand film pacifiste parce que lorsque la guerre est montrée dans sa vérité la plus nue, sans vouloir-dire intempestif, sans discours encombrant, son horreur n’en est que plus flagrante. Ainsi, la beauté des cohortes de cavaliers dessinant des arabesques dans toute la largeur du Cinémascope n’a d’égale que l’ampleur chaotique de la bataille finale. La pellicule passe alors de la couleur au noir et blanc et les belligérants se retrouvent indifférenciés dans leur destin commun: la mort.

Epopée au sens homérique du terme, Les cent cavaliers est dépourvu de psychologie mais contient une poignée de moments intimistes simples et vrais qui insufflent chair et vie à ses protagonistes archétypaux.

Ce vigoureux chef d’oeuvre de Vittorio Cottafavi allait être un cuisant échec -le deuxième de sa carrière après des débuts dans le cinéma d’auteur anéantis par la critique néo-réaliste- et devait éloigner son réalisateur des plateaux de cinéma pendant près de vingt ans.

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8 commentaires sur “Les cent cavaliers (Vittorio Cottafavi, 1964)

  1. Speaking of which, this just appeared at e-mule the other day ed2k://|file|L’allodola%20(V.%20Cottafavi%20-%201973).avi|740186468|22E131B39E4F833BCEDF0135BA9B80F4|/

  2. Hope it is the print broadcasted on french T.V because it was the extended version (you must have Black and white shots during the ending battle).

  3. Il existe une version DVD italienne de 125 minutes. C’est la bonne ? J’hésite à l’acheter mais j’ai tellement envie de voir enfin ce film.

  4. Oh, the e-mule file I sent is not for I cento cavalieri, it’s for L’allodola, one of Cottafavi’s TV films of the 70’s. Sorry for the confusion.

    There’s an absolutely beautiful looking rip of the Italian DVD at KG.

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