Rendez-vous de juillet (Jacques Becker, 1949)

Dans le Paris de la fin des années 40, les amours et les aspirations d’une bande de jeunes artistes et étudiants.

Après s’être intéressé à la paysannerie (Goupi Mains-rouges) et au monde de la mode (Falbalas), Jacques Becker peint un nouveau milieu: celui de la jeunesse germanopratine d’après-guerre. A force d’attention à son sujet et de maîtrise du cinéma, il excelle. Encore une fois.

Rendez-vous de juillet est d’abord la captation d’une réalité de son temps: celles des caves de Saint-Germain-des-Prés. Le cinéaste a tourné dans une authentique boîte de jazz (le Lorientais où il filme Claude Luter). L’ancrage social est très précis: les personnages suivent des cours au Musée de l’homme, sont diplômés de l’IDHEC, répètent une pièce de Sacha Guitry. Plusieurs des anecdotes racontées dans le film, tel l’expédition des jeunes cinéastes en Afrique, sont véridiques. Enfin nul besoin d’extrapoler pour imaginer que la brochette de jeunes acteurs révélés par le film (Daniel Gélin, Nicole Courcel, Maurice Ronet, Pierre Mondy…) vivait au moment du tournage des aventures analogues à celles des personnages de comédiens représentés dans le film.

Cependant, Rendez-vous de juillet n’a rien de documentaire. Sa construction dramatique et son découpage sont bien trop savants pour ça. Le film commence avec une exposition qui situe socialement et sentimentalement chacun des nombreux protagonistes sans que la continuité de l’ensemble ne soit jamais altérée. C’est une magistrale leçon de narration et de mise en scène. Les auteurs exploitent avec un maximum d’efficacité les éléments à leur disposition, notamment le téléphone. C’est qu’au cours de la chronique entomologiste, l’intrigue va se dessiner, les enjeux dramatiques vont apparaître finement. Au fur et à mesure que le film avance, le panorama se rétrécit et Becker se focalise sur deux couples. Ses observations  sur les premières amours sont alors d’une rare justesse et d’une audace exceptionnelle compte tenu de l’époque (je ne connais pas d’autre film des années 40 où des jeunes parlent ouvertement de sexe).

Au final, le cinéaste aura réussi à cristalliser cet éphémère moment d’une vie où, parce que les choix n’ont pas encore été arrêtés, tout est possible: la jeunesse.

Publicités

Un commentaire sur “Rendez-vous de juillet (Jacques Becker, 1949)

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s