Parade d’amour (Ernst Lubistch, 1929)

La reine d’une pays imaginaire épouse un de ses ambassadeurs déchu pour ses frasques sexuelles.

Premier film parlant de Lubitsch, Parade d’amour souffre de quelques problèmes de rythme. Les chansons ralentissent trop souvent la narration alors qu’elles la stimuleront dans les opérettes suivantes du maître (Une heure près de toi, La veuve joyeuse…).
Ceci étant, le film est déja purement lubitschien. On retrouve ce regard intelligemment biaisé sur les choses, cette maîtrise de l’allusion, cette prédilection pour la suggestion, cette complicité avec le public, cette perpétuelle dérision. En témoigne un début endiablé qui voit Maurice Chevalier s’adresser au public (Lubitsch « invente » le regard-caméra vingt ans avant Bergman, trente ans avant Godard…). Le couple Chevalier/MacDonald fonctionne à merveille. C’est la première de leurs quatre merveilleuses collaborations. Derrière la fantaisie point une réflexion assez fine sur la place des sexes à la maison, le besoin de la femme d’être dominée à un moment ou à un autre.
Bref, Parade d’amour est une bonne comédie bien qu’en ces tout débuts du cinéma parlant, le style du réalisateur soit encore mal dégrossi.

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