Cent dollars pour un shérif (True grit, Henry Hathaway, 1969)

Une jeune fille paye un shérif alcoolique pour retrouver l’assassin de son père.

Ce western tardif n’est pas foncièrement nul. Le personnage de la jeune fille acharnée est intéressant avant de se figer en stéréotype de comédie. Le cabotinage de John Wayne est sympathique. La chanson interprétée par le grand Glen Campbell est chouette. Mais True grit est un film de vieux, un film de papy, un film largement dépassé dès l’époque de sa sortie. En témoignent son rythme mollasson et ses péripéties superfétatoires. En 1954, la même histoire aurait été filmée avec une bonne demi-heure de moins.

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5 commentaires sur “Cent dollars pour un shérif (True grit, Henry Hathaway, 1969)

  1. Ou celui par qui les honneurs (tardifs) arrivent.
    L’époque est on ne peut plus post-moderne (spagh’, peckinpheries) et l’écho des vifs applaudissements faits à Rio Bravo commence à se perdre, avec la distance. Pourtant le roué Hattaway parvient à livrer, avec ce True Grit, une copie d’un classicisme (anachronique ?) qui n’équivaut pas pour autant à la prompte ringardise, au baroud réactionnaire, ni au rétroviseur lorgné avec force nostalgie (même si le héros est fatigué !), sorte d’équivalent westernique peut-être à La Belle de Moscou de Mamoulian.
    Car en offrant une énième vengeance à bien mener, en orchestrant un périple pour équipée hétéroclite (le trio n’est pas à proprement parlé fait de bons copains à l’expérience et aux valeurs communes), en mitonnant un (faux) contre-emploi au gars Wayne vieillissant (au-delà du « confortable »), le Marquis* ne s’enferme pas pour autant farouchement dans un passéisme moisi. La Nouvelle Amérique entre bien en compte dans sa trame, la guide même exclusivement, en la personne de la jeune héroïne, inlassable procédurière, chef d’entreprise en herbe affirmant d’une même main le pouvoir conféré par l’argent de l’employeur et le bon droit qui doit régir les rapports « civilisés » par celui-ci (quant bien même la talionnique peine capitale en demeure un archaïque fondement !) et relègue même les vieux héros au second plan (leur apprenant sentencieusement la mesure de la modernité et la sagesse à acquérir désormais) – on appréciera d’ailleurs la lucidité du Duke à effectivement se contenter d’un « second rôle » dans le script !
    Beau passage de relais donc entre une Amérique et une autre** pour le réalisateur, qui signera sans doute parmi les plus beaux des vieillissants westerns 60’s, et qui parvient à se montrer aussi convainquant lorsqu’il croque les moeurs villageoises se divertissant d’exécutions collectives que lorsqu’il installe un climat d’angoisse quasi-existentielle (finissant dans une explosion de violence aussi sèche que subite) lors de négociations en huis-clos entre malfrats blessés (dont Dennis Hopper, loin de son chopper hallucinogène) et fédéraux bluffers (une courte séquence proto-tarantinesque ?), ou paye un morceau de bravoure comaque à son acteur fétiche (le duel final, aussi héroïque que ridicule), sans jamais verser ni dans le télévisuel, ni dans le disneyen (reproches pourtant régulièrement faits à l’oeuvre, la faute à son héros-enfant ?***).
    On notera en guise de bémol – et afin de ne pas laisser rouiller nos ciseaux à couper les cheveux en quatre – le curieux déficit de villain, à propos duquel le script entreprend une substitution à mi-parcours (le salaud-fallot fatherfucker Tom Chaney étant remplacé dans la mythologie du film par le nettement plus magnétique Ned Pepper (Robert Duvall, au charisme déjà prégnant)) et la légendaire faiblesse de Le Boeuf (mal joué mais mal écrit aussi)… Mais sans ça…

    * Hattaway était un aristo !
    ** peut-être pas aussi émouvante que Un Nommé Cable Hogue
    *** Le Duke voudra placer sa propre gosse pour le rôle mais n’y parviendra pas !

  2. salut mariaque, merci mariaque de votre avis.
    faut quand être même sacrément porté sur l’analyse pour voir dans ce film un passage de témoin entre deux époques. Pour moi, la gamine incarne les valeurs pionnières américaines dans toute leur rudesse, toute leur intransigeance. J’ai du mal à voir dans son capitalisme, qui est le capitalisme de tous les protestants, comme symbole de la « nouvelle Amérique ».
    vous avez des nouvelles de sonic eric sinon?

  3. J’ai un souvenir lointain de ce film, sympathique mais pas exceptionnel. Il y a tellement de compositions du Duke qui auraient mérité de la statuette, même si ça n’a pas trop d’importance. Aujourd’hui, j’aimerais assez le revoir, histoire de me refaire une idée. il me semble que la photographie est plutôt belle et j’ai toujours aimé la partition de Bernstein.
    C’est de la révision en prévision de la version 2011 ?
    Sinon, à mon tout de te souhaiter une belle année 2011, des films bien sûr, quelques Ford de plus, Springsteen peut être s’il vient par chez nous, et des opinions bien senties.
    Amicalement.

  4. ce n’est pas de la révision car je ne l’avais jamais vu. Je ne le sentais pas des masses…et pour cause.
    effectivement, la photo, signée Lucien Ballard, est jolie.

    Springsteen, on peut toujours rêver…

  5. quand on as 10-15 ans cest normal daimer le film puisque on a grandis avec je lai revue recemment et je lai trouvee plutot moyen..en sommes cest a voir .. Durant toute le film le jeu des acteurs nous permet de ressentir les memes emotions que leurs personnages. tres bon film acteure tres bon sauf manque umpeu doriginalite quand il est question de faire avancer le mouvement de lhistoire..

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