Pasteur (Sacha Guitry, 1935)

Evocation de la vie de Pasteur.

Pour son premier film de fiction, Sacha Guitry a porté à l’écran sa pièce sur Pasteur. C’est une hagiographie, le portrait d’un génie en butte à la médiocrité de ses contemporains dans lequel Guitry se projette certainement. Son interprétation formidable de vitalité et de très belles scènes de tendresse avec le petit Joseph Meister contrebalancent l’aspect ouvertement édifiant de l’oeuvre.

5 commentaires sur “Pasteur (Sacha Guitry, 1935)

  1. En plein cycle Guitry – que je ne connaissais pas du tout – depuis quelques semaines, j’y trouve jusqu’à présent à boire et à manger pour mon compte. Autant Le Roman d’un Tricheur, Les Perles de la Couronne et Remontons les Champs-Élysées m’ont grandement émerveillé, autant j’ai plus de mal avec des œuvres comme Mon Père avait Raison ou Faisons un Rêve qui me semblent trop engoncées dans leurs origines théâtrales. J’ai néanmoins hâte d’en découvrir davantage, surtout ses films des années 50 comme La Poison ou Vie d’un Honnête Homme.

    Pour faire un peu dans le hors sujet, je serais curieux de savoir ce que vous pensez d’Eustache, Christophe. J’ai vu pour ma part ses deux films les plus réputés, La Maman et la Putain ainsi que Mes Petites Amoureuses. Le premier m’a été très pénible: une logorrhée bohémienne non-stop de Jean-Pierre Léaud en quelques plans fixes pendant deux heures et demie; puis Françoise Lebrun qui prend la relève pour la dernière heure à grands coups de « baiser » et de « merdique » (250x chacun, sans déconner). La renommée de ce film auprès d’un grand nombre de cinéphiles est pour moi un insoluble mystère. D’autant que plus ils essaient d’expliquer pourquoi c’est si génial, moins ils me semblent crédibles. Enfin, peut-être que je suis complètement passé à côté du truc. Je me prépare à une éventuelle volée de bois vert de votre part ! Mes Petites Amoureuses m’a en revanche bien plu. Ça ressemble un peu à du Pialat (qui y fait un chouette caméo d’ailleurs) et malgré la diction volontairement « fausse » et affectée des acteurs, on s’attache assez vite aux personnages, on se laisse prendre au jeu de ces pérégrinations pré-adolescentes filmées avec un peu plus de naturel que l’autre pensum de 3h30. Les dernières scènes, celles de l’éveil amoureux du gosse, sont même magnifiques. Qu’en dites-vous ?

  2. J’adore Guitry. Si j’ai quelques réserves, ce serait sur des fresques historiques d’après-guerre type « Si Paris m’était conté ».
    En revanche, j’adore ses adaptations de pièces des années 30, justement parce que comme l’écrivait Truffaut, Guitry n’essaie pas d’y faire « cinéma » de façon forcée et artificielle. Qu’ajouter à une pièce aussi parfaite que Faisons un rêve? Le cinéma a permis d’immortaliser l’interprétation d’un trio d’acteurs d’exception, cet apport me suffit. C’est un de mes films préférés et je pense, épuré comme il est, qu’il est moins appelé à vieillir que nombre de films contemporains signés Carné, Duvivier et consorts.

    Quant à Eustache, je n’aime pas. Je sais que certains cinéphiles le rattachent justement à Guitry et Pagnol pour l’importance qu’il attache au verbe mais pour ma part, La maman et la putain me fait le même effet que sur vous. Quand aux Petites amoureuses, j’ai le souvenir d’une espèce de mixte Bresson/Pialat particulièrement aride. Sur la même thématique, le traitement de Pascal Thomas dans ses premiers films me convainc mille fois plus.

  3. C’est sans doute parce que je ne partage pas votre goût pour le théâtre que j’ai été moins sensible à Faisons un Rêve et d’autres Guitry adaptés de ses propres pièces.
    Pour La Maman et la Putain, je vois que nous sommes sur la même longueur d’onde. Tant mieux. Je vous conseille par contre de revoir Mes Petites Amoureuses. C’est un peu aride, certes, mais le film renferme tout de même de beaux moments, surtout dans son dernier quart.

  4. je ne m’intéresse guère au théâtre mais c’est justement après la découverte de Faisons un rêve que j’ai cessé d’opposer, quelque peu arbitrairement, théâtre et cinéma. Tant j’avais été enchanté.
    Je donne la parole à l’excellent Jacques Lourcelles dans sa notice sur Faisons un rêve:
    « Comme les films de Lang, de Mizoguchi ou de Matarazzo, les films de Guitry émanent pour ainsi dire de l’intérieur du cinéma. Ils ne procèdent pas d’un effort -dérisoire- pour faire « faire cinéma ». Ils sont installés à la source d’où jaillit le bonheur de l’expression cinématographique. Ce bonheur d’expression, et l’expression du bonheur, exigent chez Guitry que celui-ci soit, comme personnage et comme interprète, le maître absolu du jeu, le démiurge de l’intrigue, une sorte de Mabuse jubilant et optimiste à qui rien ne résiste. »

  5. Je connaissais cette notice de Lourcelles que j’apprécie probablement autant que vous – j’ai même réussi à digérer ses remarques assassines sur Leone avec le temps, c’est dire ! Le problème que j’ai avec un film comme Faisons un Rêve c’est, au-delà du formidable esprit de Guitry et de la qualité de l’interprétation, les longues tirades sans fin et l’enchaînement champs/contre-champs qui j’avoue me fatiguent un peu. Écueil absent du Roman d’un Tricheur par exemple, film en (quasi) perpétuel mouvement où la virtuosité de la mise en scène et de la narration n’est pour autant jamais forcée ou artificielle. Le bonheur de l’expression cinématographique en somme.

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