The blade (Tsui Hark, 1995)

Un jeune homme qui travaille dans une usine de sabres cherche à venger le meurtre de son père.

La narration n’est pas claire, les motivations des personnages ne tiennent pas debout, l’intrigue fumeuse n’est que le prétexte à une succession de grosses bastons montées en dépit du bon sens. La restitution de l’espace est chaotique, ce qui ne saurait être considéré comme une qualité au cinéma. L’agrément procuré par l’esbroufe visuelle du réalisateur a vite fait de céder le pas à l’ennui devant la dramatique inconsistance des enjeux dramatiques.

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12 commentaires sur “The blade (Tsui Hark, 1995)

  1. Votre amour des « enjeux dramatiques » est confondante. On se croirait revenu au temps de Charensol.

  2. l’organisation cinématographique du chaos c’est l’essence même du cinéma de Tsui Hark. The Blade, c’est Godard qui filmerait un Wu Xia Pian.

  3. justement, je croyais que tu n’aimais pas Godard.
    comme je le dis, je ne saurais considérer le chaos comme une qualité.
    La mise en scène c’est au contraire conférer un maximum de clarté et de précision aux choses (à l’espace notamment), les ordonner.

  4. Le but du film est de plonger le spectateur dans un chaos visuel et sonore , c’est réussi .
    Paradoxalement ce chaos est d’une organisation sans faille et purement réfléchi .
    Tout est millimétré à la perfection : Les personnages sont d’une richesse incroyable , chacun d’entre eux incarne une idée , un thème , de même que pour les personnages féminins on ne peut plus au centre du film ( certaines critiques caractérisant ce film « d’homme » ce qui est faux ) , les mouvements de caméra n’ont rien d’hasardeux , au contraire sont très précis , la mise en scène retranscrit à merveille cet état de déséquilibre dont souffre le héros ( aussi bien mental que physique ) , c’est intéressant dans la mesure où le combat final est d’une lisibilité parfaite ( il maîtrise son sabre après s’être littéralement enchaîné à lui ) .
    La photographie , les décors , la pluie , la boue , le sang y participent .

    Même les femmes , qui sont pourtant très précieuses pour Tsui Hark , subiront les conséquences de ce chaos , malgrè l’innocence qui les habites .

    C’est un film très difficile à apprécier , je le conçois , et je pense qu’il sera très difficile de vous faire changer d’avis , mais je vous invite à le revoir dans quelques années , ma 1ère vision a été catastrophique aussi .

    Si un jour j’en ai la motivation , je ferai une petite dissert avec preuves en image pour appuyer ce que je dis :p .

  5. J’ai pas parlé de la narration qui est au contraire très lisible et où Tsui Hark s’amuse à défoncer tous les codes liés au Wu Xia Pian , d’ailleurs nos deux personnages s’opposeront lors de la mort du moine ( figure du bien ) dés les premières minutes !

    Sur ce , bonne fin de journée .

  6. Je n’étais pas loin de penser la même chose que vous au premier visionnage. Une impression de film chaotique et destructuré, avec une intrigue et des personnages peu intéressants. Mais chez Tsui Hark, il faut souvent faire l’effort de voir ses oeuvres une seconde fois (pas toutes hein, il a aussi signé son lot d’imbuvables navets) et tout apparaît beaucoup plus fluide, beaucoup plus clair qu’au premier abord. Du coup, on y trouve des enjeux dramatiques insoupçonnés et on se prend une belle claque en pleine figure (j’ai eu le même effet avec Time and Tide, moyennement apprécié la première fois, adoré la seconde).
    J’ose les mots: Tsui est sans doute le plus grand cinéaste d’action de ces 30 dernières années.

  7. On peut l’ajouter sur le podium avec James Cameron. À moins que John Woo ne vienne en détrôner un. Ça se discute.

  8. selon moi, l’intelligence et l’élégance de l’auteur de Piège de cristal et A la poursuite d’Octobre rouge font qu’il surclasse allègrement les autres noms cités.

  9. En ce qui me concerne c’est assez serré entre les quatre: McTiernan avec ses deux Die Hard, Predator, Octobre Rouge et Le 13ème Guerrier qui est un grand film fiévreux et épique; Cameron avec les deux Terminator, Aliens et Abyss; Woo avec The Killer, Bullet in the Head et Hard Boiled; Tsui avec The Blade et Time and Tide.
    Je vous suis pour l’intelligence et l’élégance du premier, mais l’émotion pure conjuguée aux dantesques fusillades de The Killer et Bullet in the Head me désarment à chaque fois.
    Après c’est sûr que tous ces réalisateurs ont souvent déçu depuis les années 2000 mais le problème c’est qu’il n’y a pas eu de relève entre temps.

    • Salut Dédé et Anthony,

      Venant de revoir Time and Tide, film décidément génial, je me dis que revoir The blade ne serait pas forcément une perte de temps….En tout cas, ce film m’a fait complètement reconsidérer le cas Tsui Hark. Je doute réévaluer le mièvre The lovers mais j’ai très envie de voir tous ses films d’action maintenant.

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