Upstream (John Ford, 1927)

Dans une pension d’artistes, un acteur minable mais descendant d’une illustre lignée de comédiens est appelé pour jouer Hamlet à Londres.

Exhumé en 2009 de la cave d’un collectionneur hollandais, Upstream est un film de John Ford qui a longtemps été considéré comme perdu. C’est une comédie courte, fraîche et vivante qui n’a a priori que peu à voir avec l’univers du cinéaste. Pourtant, lorsqu’on y regarde de plus près, on se rend compte que le héros, triomphant mais finalement rejeté par sa communauté, s’inscrit dans une longue lignée de solitaires fordiens qui va du Cheyenne Harry de Straight shooting au Dr Nancy Cartwright en passant évidemment par  Ethan Edwards. Ce personnage hâbleur et peu sympathique mais sincèrement malheureux en amour est d’ailleurs ce qu’il y a de plus complexe, de plus vrai et donc de plus beau dans Upstream. Raymond Hitchcock, physiquement très ressemblant à Arthur Shields, dans le rôle du grand comédien à la retraite est pas mal aussi. Bon film en définitive.

6 commentaires sur “Upstream (John Ford, 1927)

  1. A quand une critique pleine de passion de ce chef-d’œuvre qu’est « The Sun Shines Bright » ? Avec votre plume et votre connaissance de Ford, ça devrait être un régal.

  2. Merci de vos encouragements qui me vont droit au coeur.
    J’ai déjà pensé à écrire sur The sun shines bright mais il est des films devant lesquels il vaut mieux se taire.
    Paradoxalement, plus on aime, plus on s’étale et plus on ennuie le lecteur et donc on s’éloigne du but qu’on s’était fixé (lui faire partager notre amour pour l’oeuvre).
    Vraisemblablement, si l’envie me venait d’écrire sur mon film préféré (ce qu’est à peu près The sun shines bright), je ne le ferais pas dans le cadre de ce blog.

  3. Ah je vois donc que j’ai tapé juste avec celui-là !
    Juste par curiosité, si vous deviez ne citer que dix ou quinze films, quels seraient-ils ?

  4. Le soleil brille pour tout le monde
    La règle du jeu
    Elle et lui (les deux versions)
    Le plaisir
    La nuit du chasseur
    Le guépard
    Les amants crucifiés
    Au-delà de la gloire

    hors-catégorie: Shoah

  5. ravi de constater que nous vouons la même admiration à The Sun Shines Bright. L’ayant revu hier soir, je n’ai pu m’empêcher de le finir les yeux embués de larmes. C’est l’archétype du grand « petit film », d’une œuvre à la fois intimiste et universelle mais qui plaira d’abord aux happy few. C’est cette veine-là qui me passionne désormais le plus chez Ford: je place ce film ainsi que Wagonmaster au-dessus de ses réalisations les plus réputées (The Searchers, Liberty Valance, Stagecoach, etc.)

  6. moi aussi!
    je crois que la prédilection pour ces films va de pair avec une connaissance (et donc un amour) approfondie de l’univers de John Ford.

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