La fin du monde (Abel Gance, 1930)

Un savant qui a prédit la collision entre une comète et la Terre lutte pour réconcilier l’humanité avant sa fin.

Le contraste entre l’ambition démesurée du propos et la puérilité d’une dramaturgie basée sur des intrigues de romans de gare d’ailleurs mal ficelées contribue grandement au ridicule de La fin du monde. Mais ce n’est pas tout. S’ajoute au passif du film le consternant surjeu des comédiens. Abel Gance lui-même dans le rôle d’une espèce de Christ moderne est particulièrement risible. Génie hugolien de l’art muet, le cinéaste n’avait de toute évidence pas encore intégré cette nécessité première du parlant: le naturel des apparences.

Néanmoins, il ne faudrait pas être trop dur avec Abel Gance qui a ici le mérite d’être autrement plus ambitieux que ses collègues à une époque où la frilosité devant la nouvelle technique guidait la majorité des cinéastes sans d’ailleurs que leurs films ne soient forcément meilleurs (essayez de me trouver un bon parlant français sorti avant 1931). A tort ou a raison, La fin du monde a été ramenée d’une durée de 3 heures à une durée de 1h30 par ses producteurs mais l’auteur était le premier à reconnaître son échec en 1964 lors d’une présentation de son film à la cinémathèque. Reste les grandioses plans de destruction de la fin.

Cri d’un pacifiste hanté par la première guerre mondiale et les spectres politiques de son temps, La fin du monde est aussi un film dont la sincérité et le caractère éminemment personnel ne font jamais aucun doute (contrairement à Melancholia par exemple).

4 commentaires sur “La fin du monde (Abel Gance, 1930)

  1. « essayez de me trouver un bon parlant français sorti avant 1931 »

    Vous n’aimez pas ma Petite Lise ?

  2. non, désolé mon cher Jean.
    Je trouve que pour le coup, vous avez trop chargé la mule niveau pathos. J’ai ainsi le souvenir d’une calamiteuse direction d’acteurs avec un Pierre Alcover geignard comme seul Harry Baur l’a par ailleurs été.

  3. Quand même, je suis assez fier de tout ce début au bagne ; j’y invente mine de rien et le film de zombies, et la musique concrète. Cela ferait mouiller n’importe quel étudiant en cinéma, mais ces petits cons ont les yeux et les oreilles bouchés par Terrence Malick.

    Pierre était un ours. Allez donc diriger un ours. L’ours français et la petite chatte vaguement russe, je vous raconte pas le bordel quand les deux sont dans le même cadre. Et vous voudriez rajouter une mule !

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