Un voyageur (Marcel Ophuls, 2013)

Les mémoires filmées de Marcel Ophuls, fils du grand Max, féru de cinéma hollywoodien classique, amoureux des femmes et documentariste majeur hanté par la seconde guerre mondiale.

Marcel Ophuls avait la flemme d’écrire ses mémoires, il les a donc filmées. Usant abondamment d’extraits de cinéma pour illustrer ses propos, il nous entretient de son père, de son regret de ne pas avoir conclu avec Marlene Dietrich (il la pensait alors trop vieille pour lui), de l’Exode, du projet avorté de Louis Jouvet et Max Ophuls parce que l’un séduisit la maîtresse de l’autre, de son arrivée à New-York (« en ce temps-là, la statue de la Liberté, ce n’était pas qu’une image »), de sa rencontre avec Truffaut, de ses propres films…On le voit, la trivialité se mêle allègrement à la grande Histoire.

Pour peu que l’on soit un minimum intéressé par les événements cruciaux du XXème siècle ou par le cinéma, l’itinéraire de ce grand artiste cosmopolite est tout à fait passionnant même si la courte durée du film (deux heures, c’est peu pour l’auteur de Veillées d’armes) donne parfois une frustrante impression de survol. Très présent à l’image, Marcel Ophuls est ici plus malicieux que jamais mais cela ne l’empêche pas d’assouvir un réel besoin de confession. Ainsi, il ouvre Un voyageur en mimant les coups qu’il donnait à sa femme: où l’on voit que, lucide avant tout, le réalisateur du Chagrin et la pitié ne s’épargne pas dans son besoin quasi-obsessionnel de remuer la merde.

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