Box of moonlight (Tom DiCillo, 1996)

Note dédiée à Matthieu Santelli

Ses employeurs ayant prématurément mis fin à sa mission en déplacement, un cadre père de famille retourne sur les lieux de son enfance et rencontre un jeune marginal.

D’abord, on peut mesurer la réussite de Box of moonlight à l’aune des écueils que son auteur a évités. Ce film indépendant américain racontant la rencontre entre un cadre stressé et un marginal ne contient pas un gramme de démagogie ou de mépris envers les gens ayant un mode de vie conformiste, ingrédients de nombre de produits estampillés Sundance fonctionnant sur un détestable mécanisme de connivence avec ce qu’ils s’imaginent être leur public. Il y a bien un soupçon de fantaisie qui semble plaquée (les –rares- hallucinations du personnage principal) mais dans l’ensemble, Tom DiCillo se contente de filmer, avec simplicité et humour, la parenthèse douce et sensuelle que vit son héros névrosé.

Metteur en scène rigoureux, il sait restituer l’influence des lieux sur le comportement de ses personnage: le lac idyllique, le sympathique et original camp du jeune. On s’y croirait et on aimerait bien partager leur barbecue. La confrontation entre les deux modes de vie est dialectique et est l’occasion d’une belle histoire d’amitié avant d’être le prétexte à quelque propos édifiant que ce soit (même si la fin fait un peu pencher la balance en faveur du marginal, c’est dommage). La finesse de son trait empêche DiCillo de charger qui que ce soit dans son récit et lui permet de maintenir l’indispensable et fragile équilibre entre tendre moquerie et empathie envers ses personnages, personnages qui, pour cet authentique humaniste, ne sauraient se réduire à leur conditionnement social et à leurs névroses. Joli film.

L’extrême limite (Boiling point, James B.Harris, 1993)

Un flic a sept jours pour retrouver les assassins de son pote.

La principale singularité de ce bon petit polar est le personnage de vieillissante petite frappe joué par Dennis Hopper: un minable fan de jazz des années 40 que son indécrottable lâcheté rend en fait assez attachant. Le film aurait gagné à ce concentrer sur lui plutôt que de s’appliquer, parfois bêtement, à mettre en parallèle le destin des trois personnages principaux. C’est peut-être la faute aux décideurs de la Warner qui ont remonté le film contre l’avis de James B.Harris.

Aux postes de combat (The Bedford incident, James B. Harris, 1965)

Pendant la guerre froide, un destroyer américain traque un sous-marin soviétique…

Le manque de détails concrets et réalistes de la mise en scène donne au film un côté théâtral et artificiel. Seuls les plans d’ensemble où on voit le navire naviguer permettent au spectateur d’imaginer que l’action se déroule sur un destroyer. On ne voit guère les marins travailler, on les voit essentiellement discuter. Les personnages semblent là pour incarner des idées (ex : le journaliste joué par Sidney Poitier) alimentant une fable anti-nucléaire laborieuse et même malhonnête (quid des Gold codes?). Il n’y a guère que le bouillonnant Richard Widmark pour parvenir à insuffler un peu de vie dans ce film à thèse (thèse qui est la même que dans Docteur Folamour, exprimée ici avec un imperturbable et assommant sérieux).

Le port du désir (Edmond T. Gréville, 1955)

A Marseille, un contrebandier soudoie un jeune scaphandrier sous les ordres d’un capitaine chargé de renflouer une épave compromettante pour qu’il fasse sauter cette épave.

Le port du désir est un des rares exemples français de film de genre transfiguré par le style de mise en scène d’un petit maître. En effet, Edmond T. Gréville s’approprie son matériau (une sorte de resucée du réalisme poétique) en s’attachant particulièrement à décrire le microcosme où se déroule son histoire. Tout au long de son film, il dévoile une société interlope montrant avec une égale empathie marins, gangsters, flics, barbeaux et filles joyeusement perdues. Naviguant entre différents protagonistes du port de Marseille, le récit se décompose et se recompose, de même que les frontières morales. Des personnages secondaires sont amenés à jouer un rôle crucial dans la résolution de l’intrigue. Au détour d’une scène, une maquerelle s’enferme dans sa chambre avec un danseur noir. Plus tard, ce danseur se révélera être un flic infiltré. Ce bel égalitarisme au sein de la fiction et cet érotisme gaillard assurent à ce polar une grande vitalité et lui donnent des allures de « Renoir d’exploitation ». Les nombreuses scènes de danse, chant et strip-tease y participent aussi. Dans le même ordre d’idée, le paternalisme puritain du personnage de Jean Gabin, récurrent -et agaçant- dans ses rôles d’après-guerre, est ici interrogé, remis en question par le récit et par ses rapports avec les autres personnages. Certes, il reste quelques conventions d’écriture, quelques regrettables concessions à l’image de la star (tel la façon dont est neutralisé le méchant) mais Le port du désir n’en demeure pas moins un « grand petit film » du cinéma français, du même acabit par exemple que Rafles sur la ville.

D’où viens-tu Johnny? (Noël Howard, 1963)

Un chanteur de rock poursuivi par des mafieux se réfugie en Camargue chez les gitans qui l’ont élevé.

Il ne fallait certes pas attendre un chef d’oeuvre du premier film avec Johnny Hallyday en vedette. Néanmoins, si les auteurs s’étaient contentés d’exploiter franchement leur sujet, à savoir l’opposition entre brave jeune entouré de ses copains et vieux qui le manipulent à des fins malhonnêtes, cela aurait peut-être suffit -les chansons aidant (pour moi la vie va commencer, écrite pour ce film, est vraiment pas mal)- à un plaisant divertissement. Las! Le pittoresque à base de gitans, la niaiserie des bons sentiments et le bête alignement de clichés faisant office de récit ruinent tout. Ce film n’est pas sauvable.

Most dangerous man alive (Allan Dwan, 1961)

Injustement condamné à mort, un homme s’évade. Pendant sa cavale, il traverse un désert où ont lieu des essais nucléaires. Son corps acquiert alors la dureté de l’acier…

Le dernier film du prolifique Allan Dwan est particulièrement sombre. Après avoir aligné les chefs d’œuvre édéniques et somptueux, le vétéran -toujours associé à Benedict Bogeaus- entreprend de raconter l’histoire d’un homme tiraillé entre un nihilisme vengeur et l’amour d’une femme qui le pousse à tout faire pour reconquérir son humanité. Le cinéaste y met le même génie fait de condensation et de simplicité frontale mais, à la luxuriance visuelle de Cattle queen of Montana, Passion et autres River’s edge s’oppose désormais la sécheresse monochrome de saisissants tableaux de désolation. Quelles qu’en aient été les éventuelles raisons économiques, il n‘y a qu’à voir la terrible fin où les militaires américains éradiquent l’importun au lance-flamme pour se rendre compte que le retour au noir et blanc de la part de Dwan est, esthétiquement parlant, amplement justifié. Génie d’une certaine série B américaine où contraintes de production et qualités de mise en scène ne sauraient être distinguées. Face à une telle ampleur désespérée dans le constat de l’impossibilité du retour parmi les hommes, Terminator II peut aller se rhabiller. Ron Randell, acteur australien qui n’a pas eu la carrière qu’il méritait au cinéma, excelle dans le rôle-titre tandis que Debra Paget est sublime en garce fragile prête à toutes les séductions pour sauver sa vie. Most dangerous man alive est ainsi un des très rares chefs d’oeuvre du cinéma américain classique de science-fiction.

Koenigsmark (Léonce Perret, 1923)

Dans un duché imaginaire à l’Est de la France, la duchesse qui a fait un mariage de raison est victime d’une conspiration de son beau-frère…

De retour en France après son exil américain, Léonce Perret, qui fut le réalisateur numéro 1 de la Gaumont avant-guerre, se voit confier les rênes de cette superproduction adaptée de Pierre Benoit. Sa mise en scène est de bonne tenue et ne sombre jamais vraiment dans l’académisme décoratif mais chaque péripétie de ce qui reste somme toute un feuilleton est par trop délayée et le film finit par paraître interminable. Le récit, manquant d’unité dramatique et dont la trame est celle des opérettes de Lubitsch, aurait aussi gagné à se prendre moins au sérieux. Reste une petite poignée de belles scène tel la nuit de noces où le feu d’artifice (filmé en couleurs!) fait office de contrepoint à la solitude de la mariée. Sur 3 heures de métrage, c’est bien peu.

L’assassin connaît la musique (Pierre Chenal, 1963)

Un musicien père d’une belle jeune fille cherchant à épouser une riche veuve catholique se découvre un don pour le meurtre.

Une réjouissante petite comédie policière. L’humour noir et absurde peut rappeler les Anglais de Ealing mais le sens de la caricature légère, la pointe de burlesque et les notations (auto)parodiques me font plus penser au Goscinny du Viager ou des Gaspards. Le jeu sur les voix-off, le détachement de Paul Meurisse, le cabotinage de Maria Shell, la belle galerie de seconds rôles et le cynisme particulièrement inspiré des vannes sont franchement savoureux. L’irrésistible confrontation entre Meurisse et Noël Rocquevert vaut à elle seule l’intégrale des films de Michel Audiard. On saura gré aussi à l’auteur de maintenir la logique dans le déroulement de son intrigue, de ne jamais complètement sacrifier celle-ci à la dérision, sachant maintenir entre la composante « comédie » et la composante « policière » de son film un indispensable équilibre. Tout cela ne se prend pas au sérieux et reste modeste mais de plus grands cinéastes ont plus mal fini leur carrière que le décidément estimable Pierre Chenal.

A lion is in the streets (Raoul Walsh, 1953)

Dans le sud des Etats-Unis, un colporteur commence une carrière politique après s’est être opposé aux malversations d’un roi du coton.

Sorti la même année que The sun shines bright, A lion is in the streets est une sorte de pendant inversé du chef d’œuvre mélancolique -et finalement optimiste- de John Ford. C’est une percutante critique de l’exercice politique dans le sud des Etats-Unis. Les dangers inhérents à la démocratie sont brillamment mis en relief à travers l’itinéraire d’un brave gars qui se découvre une étonnante habileté à manier les foules. Le regard simple, franc et droit de l’auteur sur cet itinéraire donne d’autant plus d’évidence à son discours moral. Encore une fois, Raoul Walsh mêle différents registres avec une grande facilité. Entamant son film comme une chronique americano-conjugale façon Henry King, il l’achève violemment et tragiquement sans que jamais les ruptures de ton ne soient gênantes. Suivant constamment un personnage au delà du bien et du mal, toute la mise en scène procède d’un même élan de vitalité. Si James Cagney, qui coproduisit le film avec son frère, surjoue quelque peu le péquenaud au fort accent du Sud, il sait rendre sensible mieux que personne l’ivresse de puissance qui s’empare peu à peu de son personnage. Cody Jarrett n’est alors pas loin…La séquence du convoi funéraire improvisé dans le tribunal, aussi terrifiante que galvanisante, montre que A lion is in the streets est un grand film de Raoul Walsh. Et un grand film politique. Seul un Technicolor faisant au début ressortir l’artifice du studio -et diminuant alors la crédibilité de la fable- empêche cette brillante diatribe contre l’éternelle tentation démagogique de figurer parmi les chefs d’oeuvre majeurs de Raoul Walsh (c’est à dire aux côtés de L’enfer est à lui, La vallée de la peur ou La charge fantastique).

Le paquebot Tenacity (Julien Duvivier, 1934)

Un problème mécanique sur le bateau force deux jeunes Parisiens désirant émigrer au Canada à s’attarder au Havre…

Confiné dans les oubliettes de René Chateau* jusqu’à sa très récente exhumation par Patrick Brion, Le paquebot Tenacity est pourtant une sorte de quintessence de l’univers (plastique et thématique) de Julien Duvivier. On retrouve ici ce qui fait la force des films du « meilleur technicien du cinéma français » mais aussi leurs limites. D’abord, l’histoire : une amitié virile et des rêves d’ailleurs brisés par une femme. Tout ça est très typique de l’auteur de La belle équipe, la tonalité étant ici plus mélancolique que pathétique. La noirceur paraît moins appuyée et moins forcée qu’elle ne le sera par la suite. C’est appréciable.

Stylistiquement parlant, Duvivier, encore marqué par le cinéma muet, privilégie la sophistication du plan à la vérité de la scène. D’où de jolies images, d’où de judicieux travellings, d’où ces ciels brumeux traversés par de grandes armatures en fer, d’où une poésie portuaire qui annonce Quai des brumes avec quatre ans d’avance. D’où, aussi, quelques afféteries visuelles et quelques trucages apparents. Le paquebot Tenacity est ainsi l’exemple typique d’un travail à la caméra brillant mais voyant, une oeuvre où le « comment filmer » prend souvent le pas sur le « quoi filmer ».

Ainsi, la scène de la beuverie qui précède le départ est tout à fait représentative de l’esthétique générale du film: Albert Préjean entame une rengaine tandis que celle-ci est reprise par ses comparses au fur et à mesure que la caméra se déplace sur eux. Il faut être juste: la gouaille de Préjean, le charme de la chanson (il y a pas mal de chansons dans le film et c’est heureux) et le mouvement du travelling expriment une certaine chaleur humaine. Mais cette chaleur humaine semble perpétuellement procéder du calcul d’un réalisateur qui a une vision ultra-fonctionnelle -voire déterministe- de son métier. Genre tel mouvement de caméra=>tel effet. Or pour réussir pleinement une telle séquence de fête, pour faire sentir pleinement la joie de ses personnages, peut-être aurait-il fallu que le réalisateur sache -un minimum- lâcher prise. Mais on sent les acteurs bridés par la technique, on sent la position de chacun d’eux rigoureusement imposée par la caméra. Et non l’inverse. L’artifice de la mise en scène prévaut ainsi sur le naturel. C’est, dans un film racontant en fait une énorme digression, une parenthèse douce-amère, une errance presque, assez embêtant.

Somme toute, Le paquebot Tenacity est un bon film que le côté fondamentalement appliqué de sa mise en scène empêche toutefois de décoller franchement.

* Le paquebot Tenacity ne fut même pas projeté à la rétrospective que la cinémathèque française consacra au cinéaste en 2010

Her first affaire (Allan Dwan, 1931)

Une jeune fille fiancée à un jeune de son âge rencontre son écrivain favori, qui prône la libération des femmes…

Inconséquente mais plaisante « comédie de remariage adolescente » menée avec aisance et douceur par Allan Dwan. Her first affaire est resté comme le premier film avec Ida Lupino, venue accompagner sa mère au casting qui, quadragénaire, postulait pour le rôle de la jeune première (à en croire l’entretien donné par Dwan à Présence du cinéma). Agée de 14 ans, elle y est ravissante.

Nène (Jacques de Baroncelli, 1923)

Une employée de ferme qui adore les enfants de son patron veuf s’échine pour son frère devenu manchot et amoureux d’une harpie.

Jacques de Baroncelli a été accusé d’affadir le roman de Ernest Pérochon (prix Goncourt 1920) par des concessions commerciales. En témoigne notamment une lettre citée par Bardèche et Brasillach dans leur Histoire du cinéma, lettre adressée à l’écrivain par le réalisateur où celui-ci défend candidement l’idée qu’un happy-end est préférable à la fin originelle car « le public n’aime pas les noyées ». Aujourd’hui, c’est pourtant l’impression inverse qui naît chez le spectateur ne connaissant pas le livre. L’histoire est un tel galimatias mélodramatique que l’on est agréablement étonné de la tenue générale de l’oeuvre.

Le dépouillement -clairement prémédité- des cadrages, les scènes montrant les ouvriers agricoles au travail, les décors naturels et la sobriété de la direction d’acteurs (à quelques passages près) insufflent une certaine dignité à ce qui, fondamentalement, demeure un mélo de la plus basse extraction. Le scénario aurait d’ailleurs gagné à être dégraissé des intrigues secondaires: se concentrer uniquement sur l’itinéraire de Nène aurait peut-être évité coïncidences et autres facilités narratives. Le trait est également épais, qui souligne par des cartons chaque révélation de peur, sans doute, de perdre « le public ».

Pourtant, Nène ne manque pas de qualités. Les paysages sont joliment filmés et, parfois, Jacques de Baroncelli inscrit dans ces paysages le présent du drame entrain de se jouer; la valeur de ces paysages n’est alors plus uniquement décorative mais a une fonction aussi essentielle que dans les westerns d’Anthony Mann. Je songe par exemple au plus beau plan du film, celui de la séparation du frère et de la soeur, plan qui justifie à lui-seul la vision de Nène. De plus, la gracile Sandra Milowanoff joue très bien les victimes de mélo tandis que le physique de Edmond Van Daële préfigure étonnamment celui de Jean Gabin.

La carrière de Suzanne (Eric Rohmer, 1963)

Deux étudiants décadents se payent la tête d’une jeune employée.

Ce moyen-métrage « de jeunesse» est déjà très marqué par l’empreinte de son auteur -tout de même quadragénaire : on reconnaît bien Eric Rohmer dans ce récit d’inconséquents marivaudages étudiants qui se nimbe peu à peu d’une authentique dimension morale. Par rapport aux contes moraux ultérieurs, le propos (en gros : « tel est pris qui croyait prendre ») est délivré avec moins de naturel et d’évidence: la conclusion de la fable n’a quasiment aucun rapport avec le ressort dramatique du dernier acte, d’où l’impression que cette conclusion apparaît quelque peu « plaquée » sur le film. Ce manque de sûreté se retrouve aussi dans un découpage moins épuré et plus fouillis qu’il ne le sera à l’avenir chez Rohmer. Bref: La carrière de Suzanne est un film intéressant à réserver toutefois aux cinéphiles déjà acquis à la cause du maître de Tulle.

Don Cesare di Bazan (Riccardo Freda, 1942)

En Espagne au XVIIème siècle, un aventurier déjoue une conjuration indépendantiste manigancée par la France.

Outre quelques facilités d’écriture qui confinent à la niaiserie (la façon dont le héros échappe à son exécution), le principal hiatus entre l’ambition de Riccardo Freda qui était de faire des films d’aventure à la façon des Américains et la relative faiblesse du résultat effectif vient des acteurs qui paraissent pour le moins inappropriés. Comment croire à Gino Cervi dans un rôle à la Tyrone Power? Moi, je n’y arrive pas.

La blonde et le shérif (The sheriff of Fractured Jaw, Raoul Walsh, 1958)

 

Un représentant de commerce anglais devient le shérif d’une ville malfamée du Far-West.

Petite comédie au déroulement balisé mais à la mise en scène assez truculente et mouvementée pour constituer un divertissement acceptable. Raoul Walsh s’est toutefois montré bien plus impliqué par le passé, y compris dans des commandes a priori aussi peu ambitieuses (tel Cheyenne).