Les révoltés de la Claire-Louise (Appointment in Honduras, Jacques Tourneur, 1953)

Pour assurer un rendez-vous avec des rebelles au Honduras, un aventurier américain détourne un cargo, s’allie à des repris de justice et prend en otage un couple de riches touristes.

Solide petite série B d’aventures. Le suspense autour des péripéties exotiques (à noter les plans particulièrement terrifiants de reptiles en tous genres et dans toutes sortes de situations) n’est pas une fin en soi mais révèle les personnages à eux-mêmes. La survie dans la jungle fait naître au sein du groupe une violence érotique qui ramène peu à peu hommes et femmes à un état pré-civilisé. Le viril Glenn Ford et l’affriolante Ann Sheridan en sont les parfaits interprètes. Outre sa concision, c’est cette place centrale accordée aux personnages (à l’évolution conjointe de leurs caractères, de leurs positions sociales et de leurs désirs) qui rend un Appointment in Honduras infiniment supérieur aux pseudo-films d’aventures tournés trente ans après avec dix fois plus de savoir-faire technique et de moyens financiers. Il y a ainsi plus d’humanité dans le regard jeté par Ann Sheridan à son mari avant d’embrasser l’homme qui lui a sauvé la vie que dans l’intégralité des quatre Indiana Jones.

5 commentaires sur “Les révoltés de la Claire-Louise (Appointment in Honduras, Jacques Tourneur, 1953)

  1. vous y allez un peu fort avec les Indiana Jones non ? C’est quand même la crème d’un certain cinéma d’aventures, du moins pour le premier et le troisième film.

  2. c’est justement parce que j’ai récemment revu les deux premiers que je me suis permis cette pique. Le cinéma d’aventures pour moi, ce n’est pas le parc d’attractions. Les personnages sont tellement réduits à l’état de pantins par la mise en scène que les Indiana Jones me paraissent à la rigueur plus proches du cinéma burlesque que du cinéma d’aventures. Mais sans le comique (si ce n’est ce fichu coup de coude au spectateur « complice »). A mes yeux, ce sont en fait des films aussi vains -et presqu’aussi ennuyeux- que Les tribulations d’un Chinois en Chine.

    Ce sont des films que j’adorais étant môme mais désormais, je me retrouve complètement, encore une fois, dans l’avis de Jacques Lourcelles.

  3. c’est vrai que l’écriture des personnages n’est pas forcément le point fort de la saga mais reste le plaisir du simple divertissement épique, fluide et chiadé qui semble lui-même devenir une denrée rare (cf. des loukoums insipides comme Pirates des Caraïbes ou Benjamin Gates). Curieusement, j’apprécie davantage les Indy aujourd’hui que plus jeune (ado s’entend, je les ai découverts sur le tard) où ils ne me faisaient ni chaud ni froid.
    Après je veux bien donner Les Aventuriers de l’Arche Perdue contre plusieurs Huston, Curtiz, Walsh, sans parler de Moonfleet ou de ces excellents Révoltés de la Claire-Louise !

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