Vénus aveugle (Abel Gance, 1941)

Une mannequin devenant aveugle fait croire à son homme qu’elle l’a trompé pour qu’il la quitte et qu’elle ne soit pas un fardeau pour lui.

Mélodrame qui prêche l’attentisme et l’esprit de sacrifice en attendant un hypothétique miracle. Ce n’est donc pas étonnant que ce soit dédié au Maréchal Pétain (plus tard, Abel Gance écrira des éloges enflammés de de Gaulle et montrera ainsi que Renoir n’était peut-être pas le pire des courtisans du cinéma français). Les rebondissements de plus en plus ahurissants et de moins en moins justifiés, une forme qui, passé une première partie montée comme un film muet, s’enferre dans la pire des platitudes, et une longueur démesurée font de Vénus aveugle un des films les plus ridicules de l’Occupation. Désolant.

4 commentaires sur “Vénus aveugle (Abel Gance, 1941)

  1. Et le genre ? Le vocabulaire et la grammaire de roman de gare transposés à l’écran le plus sérieusement du monde, n’est ce pas aussi une certaine forme d’art ? Ce mélodrame, si ce n’est dans sa forme somme toute traditionnelle, mais dans son scénario (qui enfonce tout les autres mélos de l’Occupation justement), ose des excès ahurissants – c’est toi qui emploi l’adjectif – qui touche au sublime. Quand même, la scène de la poupée, celle du voyage virtuel… Je crois là que tu te trompes : tu envisages le film du point de vue de la mise en scène, il faut l’envisager du point de vue du genre. Et la superbe Viviane Romance qui y joue avec son affreux mari de l’époque, Georges Flamant : le mélodrame était aussi derrière l’écran. Voir tout ca au Normandie sur les Champs-Elysées en 1941, ça devait être quelque chose. Désolé.

  2. A en croire Lucien Rebatet, le voir à sa sortie au Normandie Champs-Elysée n’inclinait pas forcément à plus d’indulgence…
    Encore une fois, on est d’accord sur le constat mais pas sur le jugement. Car pour moi, le respect strict des poncifs d’un genre aussi con que le mélodrame (ou même de quelque genre que ce soit) ne saurait être une fin en soi. Passé le moment où Flamand se fait plaquer par son épouse, je ne crois pas une seule seconde à ce qui m’est raconté (auparavant, j’y parvenais tant bien que mal). La raison de mon rejet est aussi bête que ça.
    Ensuite, je vois deux chefs d’oeuvre sortis sous l’Occupation que l’on peut rattacher au genre mélodramatique: La fille du puisatier et Remorques. C’est autre chose que Vénus aveugle, c’est vrai: le genre y est un tremplin, non un carcan.

    • « Aussi con que le mélodrame » : c’est quand même la pierre angulaire du théâtre et du ciné, tu vas un peu fort. Bien sûr, si un film n’est fait que pour respecter les poncifs d’un genre, c’est du post-modernisme et c’est très chiant et vain. Avec Venus Aveugle, je ne pense pas, il y a vraiment l’envie de raconter une histoire qui fasse palpiter le peuple. Ca a marché à l’époque, c’est plus dur aujourd’hui mais il faut se laisser aller au-delà du « passé le moment » et , pour moi au moins, je prends du plaisir à voir jusqu’où Gance va aller.
      Le puisatier et Remoruqes sont d’un autre niveau, j’en conviens.

      Je n’ai pas vu Paradis Perdu, je vais chercher.

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