La comédie du bonheur (Marcel L’Herbier, 1940)

Un riche héritier évadé de l’asile où l’avait mis sa famille en raison de ses pulsions philanthropiques paye des comédiens pour faire croire à des jeunes gens malheureux qu’ils sont aimés.

La luxuriance des décors, signe distinctif de Marcel L’Herbier, n’a d’égale que l’ennuyeux statisme du déroulement d’une intrigue d’ailleurs pleine de poncifs. La comédie du bonheur, comédie pas drôle et vaguement pirandellienne, dispense cependant un plaisir rare: celui de revoir, dans un second rôle, Jacqueline Delubac.

La crise est finie (Robert Siodmak, 1934)

Une troupe de théâtre se débarrasse de sa vedette capricieuse et tente, malgré la crise, de monter un spectacle à Paris.

A partir d’un canevas dans la droite lignée des Chercheuses d’or de la Warner, les auteurs ont concocté une fantaisie aussi superficielle et agréable qu’une ivresse au champagne. L’étourdissante rapidité du rythme stimulée par les mouvements d’appareil sophistiqués, vifs et précis de Siodmak distingue La crise est finie des autres films musicaux français de l’époque.

Volga en flammes (Victor Tourjansky, 1934)

Un officier impérial qui a donné son manteau à un moujik se voit épargné lorsque ce dernier usurpe le trône et massacre la famille de sa bien-aimée.

C’est donc inspiré par La fille du capitaine. Mais la substance dramatique et lyrique du chef d’oeuvre de Pouchkine s’est complètement volatilisée dans la fausseté d’une taïga chichement reconstituée en studio et l’incongruité d’une distribution à la tête de laquelle figure Albert Préjean en officier du tsar. Victor Tourjansky, au lieu de s’amuser de ce décalage ou de poétiser à la façon d’un Sternberg, filme tout ça avec un sérieux ridicule et plat.

Les petites du quai aux fleurs (Marc Allégret, 1944)

La cadette amoureuse du fiancé de l’aînée, la fratrie de quatre filles d’un libraire des quais de Seine est perturbée…

L’entrelacs amoureux concocté par Marcel Achard n’est pas déplaisant, il y a une certaine justesse dans les scènes un peu graves entre Odette Joyeux et Lefaur qui joue le père, Bernard Blier est parfait et voir -furtivement- les quais parisiens dans un film français des années 40 est intéressant mais in fine, l’inconsistance de l’argument dramatique n’est guère transcendée par la sempiternelle mollesse de Marc Allégret et les atermoiements de l’adolescente finissent par agacer plus qu’émouvoir.