Du sang dans la prairie (Hell bent, John Ford, 1918)

Un tricheur en fuite devient videur du saloon d’une petite ville de l’Ouest…

Le film débute par une mise en abyme où un romancier reçoit une lettre de son éditeur lui demandant des personnages « ni tout noirs ni tout blancs ». Cette exergue fait office, pour les auteurs du film, de profession de foi tant il est vrai que le comportement des personnages de Hell bent n’obéit pas à une dramaturgie manichéenne mais dépend des circonstances. D’où la surprise sans cesse renouvelée du spectateur. Cette liberté se retrouve aussi dans l’aisance des changements de registre: tout à tour comique, violent et sentimental, le récit de Hell Bent aborde, sans avoir l’air d’y toucher mais avec une profonde intelligence des êtres et des situations, des thématiques chères à Ford: questionnement sur la morale, noblesse retrouvée, amitié virile. Le rythme est vif, les images mouvementées, le découpage simple mais maîtrisé. Le cinéaste exprime déjà sa proverbiale sensibilité lorsque, par exemple, il insère un gros plan sur le joli visage de Neva Gerber. Harry Carey est, comme toujours, excellent de sentimentalité rentrée. Bref, après le splendide Straight shootingHell Bent confirme combien est grave pour les cinéphiles la disparition de près de 90% des westerns réalisés par John Ford avec sa première vedette.

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