Un moment d’égarement (Claude Berri, 1977)

En vacances, un quadragénaire est séduit par la fille de son pote.

Les acteurs sont bons et les scènes sonnent parfois très juste mais, sous les dehors réalistes (le moment où les filles rentrent de soirée évoque carrément Pialat), la charpente est théâtrale et le récit reste au niveau de la chronique. Comparer Un moment d’égarement avec Breezy de Clint Eastwood le ravale au rang de petite chose étriquée et pusillanime.

Le rouge est mis (Gilles Grangier, 1957)

Une équipe de braqueurs se désagrège…

Dramatiquement parlant, Le rouge est mis est un film assez mal construit, dénué d’enjeu véritable qui unifierait la chronique des braquages. De plus, la distribution, avec le vieux Gabin en fils à maman qui a deux fois l’âge de son frère Marcel Bozuffi, altère la crédibilité de cette chronique. La conduite du personnage de Ventura est si caricaturale qu’elle frise souvent le ridicule. Même la fin, la scène la plus surprenante du film de par sa violence sadique, est partiellement gâchée par les conventions mal intégrées qui veulent que Gabin finisse en héros. Bref, ça se laisse regarder si on est client du genre et des acteurs mais c’est foncièrement médiocre.

Attention, les enfants regardent (Serge Leroy, 1978)

Un vagabond qui a assisté à une noyade exerce un chantage sur les enfants de riche qui y sont impliqués.

Une oeuvre à part dans la filmographie de Delon et une bonne surprise. Serge Leroy tient son film et réussit à ne pas sombrer dans l’arbitraire ou le grand-guignol en présentant un groupe d’enfants crédibles et décrits avec une belle finesse psychologique (voir le personnage du boulimique). La jeune Sophie Renoir est, déjà, excellente. L’ambiance étrange et inquiétante, à la Jack Clayton, est renforcée par la musique d’Eric Demarsan.

Entrons dans la danse (The Barkleys of Broadway, Charles Walters, 1949)

L’amour d’un couple de danseurs est mis à mal par les velléités théâtrales de la dame.

Dernier film de Fred Astaire et Ginger Rogers. Au niveau de la danse, c’est assez inégal dans la mesure où certains numéros (les Ecossais…) sont peu dynamiques et altèrent le rythme général du film tandis que d’autres sont de purs ravissements. Un pas de deux de Ginger et Fred, cela restera toujours une certaine idée de la grâce au cinéma. Entrons dans la danse en compte évidemment plusieurs. De plus, le récit en forme de comédie de remariage sied parfaitement au come-back du duo et, narré qu’il est avec élégance et légèreté, achève de rendre le film particulièrement touchant.

Le roman d’Elvis (John Carpenter, 1978)

En 1968 dans une chambre d’hôtel de Las Vegas, sur le point d’effectuer son come-back, le King se souvient…

Ce téléfilm remplit son cahiers des charges de « biographie de star » avec succès. Chaque étape de la légende avant 1968 est présente, le milieu social et géographique dans lequel est né Elvis est bien restitué, la bande originale est impeccable (une séparation avec Separate ways en fond sonore est évidemment émouvante) et, surtout, le mimétisme de Kurt Russell est épatant. Pour que fonctionne un passage obligé comme la scène dans le club allemand, où la prestation du King enflamme une foule qui ne s’attendait pas à le voir, il est absolument nécessaire que le comédien se montre à la hauteur de la star qu’il interprète. C’est bien le cas et la scène est donc ébouriffante. Enfin, il y a un plus qui singularise Elvis vu par John Carpenter. C’est l’accent mis sur la relation fusionnelle entre Elvis et sa mère qui donne au film une tonalité tour à tour tendre et inquiétante -l’aspect malsain de cette relation n’étant pas éludé.