Les années difficiles (Luigi Zampa, 1948)

Pendant le fascisme, un fonctionnaire sicilien est obligé de s’encarter pour conserver son poste…

Les années difficiles est une vraie petite fresque puisque les protagonistes sont suivis pendant dix ans et que la grande histoire y interfère sans cesse avec leur destin. Une large attention est accordée aux personnages secondaires, à l’entourage familial et amical du héros. Luigi Zampa parvient à garder une certaine unité thématique en se focalisant sur les attitudes des uns et des autres face à l’hydre fasciste. La plupart des scènes sont marquées par une percutante justesse de ton même si on pourra regretter l’univocité du comportement du héros: celui-ci est perpétuellement représenté comme une victime; comme si, en dix ans, il n’avait jamais profité de la situation créée par les magouilles de sa femme. L’interprétation façon « chien battu » de Umberto Spadaro n’aide pas à enrichir son caractère. Gageons que si Les années difficiles avait été tourné dix ans plus tard avec Alberto Sordi, le personnage aurait été plus nuancé. Ce défaut révèle un manque de franchise dans la satire mais n’empêche pas le film de figurer parmi les réussites de Zampa d’autant que le montage vif maintient un rythme soutenu dans la narration. Enfin, si Les années difficiles est plus dramatique que plusieurs travaux ultérieurs du cinéaste, ses passages comiques font mouche: ainsi de la représentation de la Norma caviardée par les miliciens incultes.

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