Whisky à gogo! (Alexander Mackendrick, 1949)

Pendant la seconde guerre mondiale, les habitants d’un village écossais récupèrent clandestinement la cargaison de whisky d’un navire échoué…

A force de mesure dans l’exécution et de bridage dans l’hypothétique inspiration comique, cette soi-disant comédie ne m’a pas pas décroché un seul sourire. Ce style très terne n’empêche d’ailleurs pas plusieurs comédiens d’être caricaturaux et la musique ringarde de surligner ce qu’elle est censée exprimer. Enfin, la prééminence du montage sur le découpage et l’abondance des plans rapprochés dans les séquences de groupe diminuent la présence de la communauté tel qu’on aurait pu la ressentir si Whisky à gogo! avait été réalisé par un John Ford.

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6 commentaires sur “Whisky à gogo! (Alexander Mackendrick, 1949)

  1. Oh ben merde ! Même pas tombé fan de Joan Greenwood ? Je te rejoins sur la communauté (je dois avouer que le film est un peu retombé dans mon estime, depuis quelques semaines), par contre, « terne », je pige pas trop – à la limite, la limite du film me semble plutôt tenir à une sur-maîtrise cadenassée (façon Coen des mauvais jours, virant à la caricature), que dans une manière de tempérer le comique.

    • salut Tom, oui, effectivement, j’ai vu que ce film t’avait enthousiasmé et attendais de te lire dessus…Joan Greenwood est mignonne, ok, mais pas suffisamment radieuse pour illuminer cette mise en scène que je trouve terne, oui, terne. Quand je dis que le film ne m’a pas décoché un seul sourire, ce n’est pas une hyperbole. La sur-maîtrise dont tu parles, c’est essentiellement un rattrapage de l’oeuvre au montage. Les angles de prise de vue sont multipliés parce que, fondamentalement, le metteur en scène n’a aucun point de vue sur ce qu’il raconte. Un film « écrit » au montage apparaît fatalement plus cadenassé, artificiel et dévitalisé qu’un film dont le découpage se tient tout seul.

      • Ah bah écrire dessus, je devais mais je me retrouve bizarrement assez bloqué avec Mackendrick, que je n’arrive pas à cerner du tout (j’attendais d’en voir plusieurs pour faire article commun, or ça fait quatre films vus de lui, et je ne sais franchement toujours pas quoi en dire, sinon qu’il a d’évidentes qualités de scénariste que je ne saurais même pas vraiment définir).

        Sur l’écriture par le montage après-coup, c’est intéressant mais pour le coup le film est trop lointain pour que je puisse me rappeler si je partage ton point de vue (vu en juin dernier). Par contre je crois que ça m’avait assez plu que l’humour soit pas qu’un humour de beuverie (même si tu entends sans doute davantage par là des sorties de pistes et des imprévus, qu’un défouloir potache), j’aime que l’humour ce soit uniquement fondé sur l’absurde du pitch – le point de vue (tout relatif) du film pour moi serait là, une élégie du peuple écossais par l’absurdité (filmer comme une catastrophe à dimension de guerre, et évoquant évidemment la guerre, un problème le plus dérisoire possible ; que ce soit du whisky est à mon sens une question presque anecdotique). C’est pour ça que Joan Greenwood me plaît : pour l’espèce d’absurdité douce un peu lunaire et consciente de son jeu, qui est par ailleurs une bonne antidote au côté souvent trop carré du film, qui manque en effet de folie.

      • Oui (dans ma tête ça revient un peu au même, j’ai jamais été très doué avec le vocabulaire…)

  2. cette tempérance délibérée du comique, on peut notamment la trouver dans le refus de Mackendrick de filmer des scènes de cuite, refus qui compte tenu du sujet de son film peut apparaître arbitraire.

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