Ville sans loi (Barbary coast, Howard Hawks, 1935)

Pendant la ruée vers l’or à San Francisco, la fiancée d’un homme qui s’est fait tuer avant qu’elle n’arrive s’établit avec le tout-puissant patron du tripot.

L’atmosphère brutale et pittoresque des villes sauvages de l’Ouest lointain est bien restituée grâce à une belle galerie de seconds rôles ainsi qu’à la photo nocturne et évocatrice de Ray June. La première partie du récit donne l’impression que le film a vingt ans d’avance tant elle compile d’archétypes du western: l’aventurière, le journaliste menacé par un Liberty Valance, la corruption du juge, la difficulté d’instaurer le law and order…avec une maturité et un refus du sentimentalisme typiques de Hecht et Hawks.

Malheureusement, à partir du moment où arrive le personnage du poète joué par Joel McCrea, Barbary Coast dévie vers un triangle amoureux de l’espèce la plus vulgaire. Les conflits moraux qui agitaient l’héroïne sont réduits de la façon la plus conventionnelle qui soit: elle doit choisir entre un amoureux gentil et un amoureux méchant (et riche). La caricature de chaque protagoniste, la mièvrerie de l’écriture et le jeu excessif de Miriam Hopkins (peu hawksien) desservent alors le film malgré quelques éclats de la mise en scène (l’exécution de l’homme de main) et une fin qui rehausse un peu le ton (Edward G.Robinson est toujours impeccable).

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