L’empereur du Nord (Robert Aldrich, 1973)

Pendant la Grande Dépression, un vagabond entreprend de voyager à bord du train contrôlé par l’agent le plus méchant du pays.

Un peu barbant quand même. Le canevas de série B est étiré sur plus de deux heures! A force de redondances dans l’écriture et de complaisance viriloïde, Robert Aldrich dilue la force primale de son affrontement. Visiblement peu confiant dans cet argument de base, il l’enrobe de scènes commentatrices aussi artificielles que sursignifiantes pour lui donner une dimension mythologique qui ne convainc jamais mais le réduit à une caricature grotesque. Il ne suffit pas de lui faire dire cinq gros mots par phrase pour donner une épaisseur virile à un personnage. Certes, quelques beaux moments de sauvagerie surnagent mais trente ans plus tôt, William Wellman, dans Wild boys of the road, montrait la même chose qu’Aldrich (le retour de l’homme à l’animalité pendant la Grande dépression) avec mille fois plus d’économie, d’honnêteté et donc d’efficacité.

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