Le jour et l’heure (René Clément, 1963)

Pendant l’Occupation, une grande bourgeoise est amenée par un concours de circonstances à aider des aviateurs américains.

Dans ce bref synopsis, la locution importante est « concours de circonstances ». La vision de la Résistance est ici à l’opposé de la solennité d’un Melville. Les détails concrets qui montrent tout le caractère laborieux et hasardeux du travail clandestin (liaisons, planques, interrogatoires, fuites préparées) sont ce que Le jour et l’heure contient de plus réussi et de plus intéressant. Malheureusement, Roger Vailland a également insufflé à cette rencontre entre la Française et l’Américain un improbable parfum romanesque que la rigidité appliquée de René Clément, pas aidé par le médiocre Stuart Whitman, échoue à rendre convaincant. Par ailleurs, de regrettables conventions (la sale gueule du gestapiste) subsistent et achèvent de transformer la volonté de réalisme en velléité.

L’Épave vivante (Submarine, Frank Capra et Irvin Willat, 1928)

Sans le savoir, deux amis plongeurs de la Marine américaine sont amoureux de la même fille.

Quelques plans documentaires dus au concours de la US Navy agrémentent ce récit des plus conventionnels. Accompagné par les mêmes acteurs, Jack Holt et Ralph Graves, Capra affinera ce schématique canevas et haussera le ton dans Flight et dans le sublime Dirigible.

L’amour chante et danse (Holiday inn, Mark Sandrich, 1942)

Un chanteur que sa fiancée à quitté pour son collègue danseur quitte le show-business et ouvre une auberge dans le Connecticut.

C’est de la façon la plus stupide que la cohabitation des deux stars a été gérée: prétexté par chaque jour férié de l’année (les « holidays » du titre), un numéro de chant succède à un numéro de danse. Cela rend évidemment la narration très programmatique. On se doute bien que le récit est le cadet des soucis des fabricants de L’amour chante et danse mais j’ai connu des comédies musicales qui déroulaient moins laborieusement leur conventionnelle intrigue. Heureusement, Fred Astaire danse, Bing Crosby est suave et la direction artistique de la Paramount tranche plaisamment d’avec l’aridité visuelle de la RKO. Mais quand même, gare au diabète!