Bonheur (Cédric Kahn, 1994)

Trois jeunes filles et cinq garçons s’en vont faire la fête dans la maison désertée d’une des filles.

Plusieurs qualités font de l’opus de Cédric Kahn un des meilleurs téléfilms de la collection Tous les garçons et les filles mon âge, derrière les deux chefs d’oeuvre de Téchiné et Mazuy mais assez loin devant le reste (Akerman, Assayas, Denis…). D’abord, la multiplicité des personnages assure à la narration un séduisant caractère polyphonique que l’auteur orchestre avec une grande subtilité. Ensuite, les kékés du Sud sont plus amusants à suivre sur un écran que les intellos suicidaires. Observés avec une justesse qui ne manque pas de cocasserie, ils vivent et ils agissent plutôt qu’ils ne théorisent, ce qui conduit le metteur en scène à faire preuve d’inventivité et d’imagination et à faire passer sa vision politique (car politique il y a) en filigrane et non via de faciles explicitations verbales. Enfin, les paysages ensoleillés de la Drôme provençale fournissent un magnifique écrin aux premières amours qui sont ici filmées. Le dernier plan pare la chronique adolescente d’un tantinet de poésie cosmique.

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5 commentaires sur “Bonheur (Cédric Kahn, 1994)

  1. bonjour Christophe, j’ai vu Les roseaux sauvages mais las, impossible de mettre la main sur Travolta et moi. Un tuyau ?

    • ha, il est passé à la Cinémathèque il n’y a pas très longtemps mais il est assez rare en effet (jamais sorti en vidéo…).
      Les roseaux vous ont plu?

      • oui, beaucoup. Hormis Barocco, abordé il y a très longtemps et dont je garde un souvenir flou, c’était le premier film de Téchiné que je voyais. J’en ai apprécié la fraîcheur et la vitalité même si je trouve que le cinéaste fait jouer ses acteurs de façon un peu trop « signifiante » si vous voyez ce que je veux dire ; ils n’ont certes pas cette léthargie et cette diction littéraire qu’on trouve chez Bresson ou dans une moindre mesure Rohmer mais reste qu’ils manquent parfois un peu de naturel. Après ils sont peut-être desservis par un dialogue qui sonne trop souvent comme une succession de tirades. J’ai enchaîné Les voleurs, Rendez-vous, Les témoins et Ma saison préférée juste après Les roseaux et ces faiblesses (que les inconditionnels de Téchiné verront sans doute comme « faisant partie de son style ») y sont également présentes à degrés divers.

      • ah j’étais persuadé qu’on vous ne la ferait pas sur Téchiné ! Les témoins est celui que j’ai le plus apprécié avec Les roseaux: une sorte de mini-fresque avec les années sida en toile de fond, autant frénétique dans son découpage que d’une belle richesse dramatique. Mention « pas mal du tout » pour Ma saison préférée. Pas entièrement convaincu par les deux autres mais ils ont, comme toujours à un moment ou l’autre chez le réalisateur, d’étonnants instants de grâce. Pour la suite je lorgne Le lieu du crime, Les temps qui changent et Loin…

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