La dilettante (Pascal Thomas, 1998)

Après avoir plaqué son dernier mari, une femme débarque à Paris et retrouve ses deux enfants…

Où Pascal Thomas et Jacques Lourcelles ont-ils voulu en venir? Ce portrait féminin manque d’unité. La faute en incombe d’abord à la construction narrative: plusieurs séquences sont redondantes (l’héroïne qui annonce à trois personne différentes qu’elle est amoureuse d’un prêtre) tandis que certaines ellipses apparaissent comme des facilités (les collégiens qui nettoient leur bahut dans la joie et la bonne humeur). Le temps d’un flash-back inattendu ou d’une crise de nerfs dans un parloir, on discerne bien les déséquilibres induits par une existence de « dilettante » mais le traitement du drame, notamment la relation avec la fille, demeure aussi superficiel que le personnage.

Pourtant, en dépit de ces lacunes, La dilettante est un des derniers vrais bons films de Pascal Thomas. Il y a d’abord cette qualité de regard propre à l’auteur des Zozos. Aussi à l’aise à Pantin qu’à Neuilly, il filme la France de son époque sans vouloir-dire sociologique mais avec un décalage léger et douillet (pour ne pas dire doucereux). Après Les zozos mais avant Le grand appartement, la distance entre patrie rêvée et patrie réelle reste supportable et stylisation n’est pas encore mise sous cloche. Dialogues ciselés, loin de tout naturalisme, et comédiens typés (merci d’avoir été dégoter Odette Laure!) participent de cette tendre ironie. Enfin, l’accord entre Catherine Frot et son personnage relève du miracle. C’est la raison principale pour laquelle La dilettante demeure un film à voir.

4 commentaires sur “La dilettante (Pascal Thomas, 1998)

  1. « Enfin, l’accord entre Catherine Frot et son personnage relève du miracle. » > Je suis grave d’accord avec ça. Je l’ai vu à sa sortie (donc autant dire y a un siècle), mais le film m’est toujours resté en tête à cause de ça, malgré ses articulations scénaristiques un peu molles : ça a presque la gueule d’un film sur Catherine Frot (sur sa présence et ses manières, sur sa façon de jouer), dont le film essayerait de décoder le mystère. J’ai aussi un souvenir d’allers-retours entre dépression/mélancolie douce et fantaisie, mais peut-être que je réinvente le film (ambiguïté qui manque, effectivement, à la naphtaline du Grand Appartement).

    T’as un film préféré à me conseiller pour Pascal Thomas, si j’y retourne un jour ? J’ai rien vu de ce qu’il a fait avant « La dilettante », et j’ai l’impression qu’il faut pas trop aller fouiller ce qu’il a fait ensuite…

    • Salut Tom,

      Grosso modo, les meilleurs sont ceux des années 70. Mon préféré (pas que le mien) est Confidences pour confidences. Ensuite, Le chaud lapin, Les zozos et Pleure pas la bouche pleine.
      Ils viennent tous de ressortir dans un coffret DVD.

      Dans les « récents », Mercredi, folle journée est très bien.

      Plusieurs ont eu droit à un texte sur mon blog…

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