T.A.M.I. Show (Steve Binder, 1964)

Concert filmé où se succèdent Chuck Berry, les Beach Boys, les Supremes, James Brown, les Rolling Stones…

Il y a bien sûr le plaisir de voir ces géants de la musique populaire quand ils étaient jeunes (la prestation de James Brown est particulièrement impressionnante) mais la mise en scène et le découpage sont très contestables. D’abord, les gesticulations grotesques des gogos danseur(se)s parasitent le spectacle. Ensuite, alors que les plans sur les filles hystériques du public s’accumulent, les musiciens autres que chanteurs n’apparaissent presque jamais seuls à l’écran. Le montage pendant le solo de Time is on my side en dit long sur la considération des fabricants du film pour la dimension musicale de leur projet. C’est comme si, en le présentant comme un truc de primaires gentiment débiles, ils avaient tout fait pour conforter certains parents dans leur préjugé contre le rock.

4 commentaires sur “T.A.M.I. Show (Steve Binder, 1964)

  1. Il faut que je réponde. C’est justement le grand écart entre les chanteurs/musiciens sur scène et le public de gamines en cris et larmes et les Go-gos qui fait à mon avis l’un des intérêts du film qui autrement, ne serait qu’un concert filmé de plus. Tout montre que l’époque bascule. La pauvre Leslie Gore, que j’adore par ailleurs, en est la principale victime et apparemment elle n’a jamais voulu parler de ce show dont elle était la tête d’affiche et qui a été pour elle le révélation irrévocable de son statut d’has been. Lorsqu’ils ont monté les 2h du film à partir des images des deux concerts, ils ont travaillé comme sur une émission pop du genre « Hullaballoo » (Go-gos et hystériques) alors qu’ils avaient sur scène des nouveaux performers. Clairement, ils ne savaient pas trop comment capter leur radicalité. Le contraste et le paradoxe de ce qui se passe sur scène, dans le décor et sur les gradins sont formidables, surtout quand on voit le film plus de 50 ans plus tard, avec ce qu’on sait du futur des artistes invités. C’est là que TAMI Show est un document historique génial (en plus de l’affiche où il n’y a presque rien à jeter). J’ai souvent souri et quelquefois ri franchement au dynamisme et à la vitalité de tout ça. Et j’ai aussi été très content d’y trouver la toute première apparition, à ma connaissance, d’un skateboard sur un écran. Il n’y a pas un film de concert qui me plaise plus que celui-là.

    • Merci pour tes précisions Tom. C’est bien sûr ton blog qui m’a fait connaître ce film et je t’en remercie. C’est vrai que Lesley Gore, avec ses fringues et sa coupe de mémère, est embarrassante…
      (personnellement l’ouverture avec les bellâtres en skate m’a consterné plus qu’autre chose mais je ne nie pas l’intérêt historique de la chose)

      • Ceci dit, je ne suis pas un expert de la chose mais je pensais que le gogo-dancing était un trait typique des 60’s.

      • Oui, les Go-gos sont typiquement Sixties, le skateboard semble apparaître aussi (sur les écrans) au même moment. Et justement, le film montre que ce qui est à la mode est déjà pulvérisé par l’irruption d’une autre musique et d’autres comportements de chanteurs sur scène. C’est ce grand écart entre deux perceptions de « la nouvelle jeunesse » qui fait conflit et donc qui donne – pour moi – ce supplément d’intérêt au TAMI Show.

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