Peaux de vaches (Patricia Mazuy, 1989)

Après 15 ans de prison pour avoir brûlé la ferme familiale, un homme revient au pays…

Dans ce premier long-métrage réalisé par Patricia Mazuy, on décèle déjà son ambition d’inscrire un sujet mythologique dans un cadre naturaliste. Il y a une beauté noble et grave dans les rapports entre les deux frères. Toutefois, le récit eût gagné à être plus approfondi (ou le film à être raccourci). C’est par des effets de manche grossiers que la cinéaste tente de compenser cette faiblesse de l’écriture. Pour surligner le côté « primitif et sauvage », elle filme complaisamment ses personnages se rouler dans la boue, ce qui d’ailleurs exprime une vision assez basse de nos agriculteurs. Régulièrement, elle tente d’ajouter de la tension et du mystère avec des scènes de jeu absurde comme celle où le frère s’amuse à mettre la gamine dans le four mais ces bizarreries ne débouchent sur rien et apparaissent donc artificielles. Peaux de vaches est également un des plus dignes représentants d’une tendance majeure du cinéma d’auteur français contemporain: la tendance inaudible. Comme si s’exprimer par borborygmes et marmonnements était une condition sine qua non à la paysan’s credibility…En bouseux tourmenté par le remord, Jacques Spiesser en fait parfois trop mais Jean-François Stévenin et Sandrine Bonnaire sont bien.

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