L’ascension (Larissa Chepitko, 1976)

Pendant la Grande guerre patriotique, deux partisans capturés par les Allemands se comportent différemment face à leurs geôliers…

La première partie restitue admirablement certaine réalité physique de la guerre des partisans, notamment la blancheur totale qui, confondant le sol, le ciel et les lacs, accentue le danger de la progression des hommes. La suite, chargeant de mysticisme chrétien le parcours de ses personnages promis à l’échafaud, est plus lourde (au niveau de l’écriture) et artificielle (au niveau du montage). Dans l’ensemble, c’est donc pas mal mais ce n’est pas le chef d’oeuvre que l’on dit.

Les ailes (Larissa Chepitko, 1966)

En proie à des accès de mélancolie, la directrice d’une école qui fut pilote de chasse pendant la Grande guerre patriotique se souvient de son idylle avec un as de l’aviation.

Avec un découpage souple et fluide articulé autour de la fière beauté de Maïa Boulgakova, Larissa Chepitko a réalisé un joli film sur la persistance des états d’âme purement individuels face à des obligations sociales qui, pour être parfois sympathiques, n’en demeurent pas moins pesantes.

Sergil chez les filles (Jacques Daroy, 1952)

A Marseille, l’inspecteur Sergil enquête sur le meurtre de la femme de chambre d’un hôtel de passes.

Quelques prises de vue des rues autour de Notre-Dame de la Garde sont tout ce que l’on peut trouver de vaguement intéressant dans ce bas de panier de la série B franchouille où Daroy se montre certes moins nul que Dally. Même Paul Meurisse est sous-employé.

Lasse Månsson de Scanie (Anders Wilhelm Sandberg, 1923)

Pendant la guerre suédo-danoise, un soldat suédois soigné par des villageois danois noue une idylle avec leur fille.

Ersatz danois de l’école suédoise. Particulièrement, A.W Sandberg imite beaucoup Les proscrits. Le problème est qu’il n’a ni le sens du détail vrai de Sjöström, ni sa finesse dans la direction d’acteurs ni, surtout, son génie pour appréhender les paysages qui ne sont ici pas beaucoup et pas très bien filmés exception faite du joli plan où Olga Belajeff se rhabille devant le lac. En résulte un film où ne subsistent plus guère que les conventionnelles coutures du récit.

The song of life (John M. Stahl, 1922)

Au soir de sa vie qu’elle a ratée, une mère qui a abandonné son enfant parce qu’elle était attirée par les lumières de la grande ville retrouve son fils fiancé à une femme qui a également envie d’évasion.

Grâce à la qualité de l’interprétation et à des détails sociologiques ou comiques qui enrichissent plusieurs scènes, cet apologue réactionnaire tissé dans l’étoffe mélodramatique fonctionne assez bien jusqu’à une dernière partie par trop délayée et rocambolesque pour que mes bonnes dispositions à son égard aient été maintenues.