Nymphomaniac I & II (Lars Von Trier, 2013)

Une nymphomane raconte sa vie à un vieux professeur.

Le large étalage de références culturelles, les coquetteries formelles d’un goût douteux et les très faciles séquences-chocs témoignent d’une roublardise certaine mais force est de constater que la construction épisodique est assez prenante, d’un romanesque à la Diderot. Certains segments -la visite de la mère trompée, la relation avec la jeune basketteuse, l’interrogatoire de Jean-Marc Barr- sont même brillants et concrétisent l’ambition de leur auteur de « montrer la vérité sans fard », au-delà de ses provocations de petit malin. L’ironie perpétuelle, traduite par des plans grotesques, montre que l’auteur n’est pas dupe de son salmigondis intello-porno mais cette ironie est aussi ce qui empêche l’oeuvre d’acquérir la profondeur à laquelle, traitant de thèmes majuscules pendant plus de cinq heures, elle aurait pu et du prétendre. Tout ça paraît finalement assez vain.

3 commentaires sur “Nymphomaniac I & II (Lars Von Trier, 2013)

  1. J’aime bien le côté « léger » / « mille-feuilles » du film aussi, et la lucidité amusée dont tu parles sur la vanité de ses propres manières – ce qui en fait une sorte d’autoportrait bizarre, comme penché sur les limites du cinéma de LVT. Il y a un côté « dépressif mais zen et amusé » qui rend le film charmant… Mais je trouve que ça marche surtout dans la première partie, la seconde (et surtout sa fin débile) n’ayant pas grand chose à proposer, passés sa séquence SM et le moment Jean-Marc Barr.

    Cela dit, je les ai vus au ciné, et si tu les as vu en DVD, la seconde partie doit gagner une heure en plus dans sa director’s cut, peut-être que ça la sauve !

    • oui, j’ai vu la version longue, je ne sais ce qui a été ajouté (outre le cul) mais, contrairement à beaucoup, j’ai préféré la deuxième partie, un peu plus variée. La fin est débile mais tellement logique, en même temps.

      • De souvenir, la version courte de la partie 2 manquait surtout d’autodérision et de légèreté, donnant l’impression d’enchaîner les segments simplement provocs (au côté de beaucoup de choses qui semblaient complètement artificielles scénaristiquement et survolées en quelques secondes : le groupe de parole féminin, la relation avec la jeune fille…). Il y avait dans la partie 1, de par son florilège de digressions, un côté amusé qui donne à la fois sa valeur à la dépression et qui faisait acte de lucidité sur le côté vain de l’ensemble.

        Sur la fin, c’est surtout l’impression d’un cinéaste qui ne grandira jamais qui m’a gonflé, comme un pré-ado resté coincé dans cette prétention ridicule à choquer le bourgeois, à faire des coups qu’il pense grandioses et qui sont juste ras-du-plancher (vraiment l’impression d’un « t’as vu m’a bite ? haha, t’es choqué, hein »), à se venger n’importe comment sur ses personnages… Disons que ça remet bien en perspective la lucidité à laquelle pouvait prétendre le reste du film.

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