Tranches de vie (François Leterrier, 1985)

Film à sketches tendance réac écrit par Lauzier.

A part le sketch avec Martin Lamotte en bigame écartelé entre Anémone et Marie-Anne Chazel, c’est très mauvais. Tellement moche et paresseux dans l’écriture que le spectateur peut légitimement se sentir méprisé.

Le cap de l’Espérance (Raymond Bernard, 1951)

La patronne d’un bar est courtisée par un policier qui recherche les auteurs d’un hold-up parmi lesquels figure son amant.

La présence de Edwige Feuillère et Jean Debucourt et la fluidité du découpage de Raymond Bernard ne sauvent pas ce film noir à la Française, excessivement mal écrit, de la pire médiocrité.

Sa dernière course (Salty O’Rourke, Raoul Walsh, 1945)

Pour rembourser sa dette à un malfrat, un joueur pousse le jockey du cheval sur lequel il va parier à s’entraîner et à aller à l’école.

Ce bref synopsis donne un aperçu des bifurcations d’un récit original qui navigue entre film noir, comédie et film sentimental. Malheureusement, et contrairement à d’autres films de Raoul Walsh, le liant entre toutes ces parties peine à s’effectuer, en premier lieu à cause d’Alan Ladd, inadapté à un rôle qui eût nécessité la dureté comique d’un Cary Grant ou d’un James Cagney. Les motivations de son personnage ne tiennent pas debout. Le scénario retombe conventionnellement sur ses pattes mais les scènes entre la toujours adorable Gail Russell et Stanley Clements, qui joue le jeune, touchent par une certaine justesse.

Les deux aventuriers (Jump for glory, Raoul Walsh, 1937)

Un cambrioleur tombe amoureux d’une riche demoiselle qu’il cambriolait mais son ancien acolyte se met en travers de leur bonheur.

Deuxième film tourné par Walsh en Grande-Bretagne, après O.H.M.S. Ce n’est pas franchement mieux sans être complètement nul, grâce à la présence féline Douglas Fairbanks Jr. On songe parfois à La main en collet, en beaucoup moins bien à cause d’une mise en scène nettement plus terne que celle du film de Hitchcock.

Marines, let’s go (Raoul Walsh, 1961)

Pendant la guerre de Corée, des soldats américains partent en permission au Japon.

Parmi les maîtres classiques hollywoodiens, il n’y a pas que Howard Hawks qui, en fin de carrière, refît paresseusement ses anciens succès. Marines, let’s go est une resucée du Cri de la victoire, en plus comique. Comme l’adaptation de Léon Uris, ce film tire sa beauté du contraste entre ses deux parties: la permission et le combat. L’expérience de la mort donne un prix inestimable à la légèreté paillarde qui l’a précédée. Pour Raoul Walsh, filmer les Marines en Corée n’est pas exalter l’idéologie qui a motivé leur envoi (l’anticommunisme n’est ici qu’un sujet de moquerie) mais donner raison (mille fois) à leur hédonisme. Aussi crétins puissent-ils parfois paraître, le regard de l’auteur sur les bidasses en goguette est plein de sympathie et ne manque pas de tendresse. Un peu comme dans La brune brûlante, le Cinémascope-couleur est l’écrin d’un comique furieux. Sans être à proprement parler géniale, la mise en scène semble couler de source. Le découpage est fluide et le rythme vif. Ainsi, malgré l’inconsistance du scénario, Marines, let’s go se laisse regarder avec intérêt.

Faiblesse humaine (Sadie Thompson, Raoul Walsh, 1928)

Sur une île du Pacifique, une ancienne chanteuse courtisée par la soldatesque est prise en grippe par un activiste puritain.

La nature du pouvoir et la motivation du puritain lorsqu’il refuse l’expulsion à Sydney auraient gagné à être précisées mais, mené par un grand duo d’acteurs apte à restituer toute la complexité évolutive de leurs personnages et doté d’une mise en scène expressive et riche de détails qui transfigure la quasi-unité de lieu, Sadie Thompson n’en demeure pas moins un très bon film de Raoul Walsh.