Vita coi figli (Dino Risi, 1990)

Son épouse décédée dans un accident, un riche quinquagénaire se rapproche de ses cinq enfants et tombe amoureux d’une jeune fille.

Une énième variation sur deux thèmes canoniques de la comédie italienne: rapprochement d’un père avec ses enfants après un drame et démon de midi. Cette fois, c’est particulièrement mal écrit et mis en scène avec un je-m’en-foutisme consternant. Malgré le sujet, ce n’est jamais drôle ni touchant. La faute à la télé Berlusconi pour qui « l’oeuvre » a été entreprise? On note bien sûr quelques plans tout à fait gratuits de la jeune Monica Bellucci nue.

Erotikon (Gustav Machatý, 1929)

La fille d’un garde-barrière est séduite par un pianiste qui passe la nuit chez eux en attendant son train.

Quelques préciosités visuelles de type surimpression ainsi que la fausseté du dénouement altèrent à peine la maîtrise brutale d’un style qui semble avoir pour but de restituer la force d’une attirance charnelle. Cette puissance de l’érotisme subvertit et dialectise le mélo. Victime consentante, Ita Rina est excellente.

Les conspirateurs (Luigi Magni, 1968)

En 1825 à Rome, deux carbonari sont arrêtés pour avoir tenté d’assassiner un mouchard…

Malgré une distribution exceptionnelle et une musique lyrique, morriconienne en diable, de Armando Trovajoli, cette tragicomédie historique est ratée à cause d’une mise en scène faiblarde: l’inexistence à l’écran du décor romain, les artifices théâtraux de l’écriture qui régulièrement ramènent la comédie historique vers le vaudeville, le rythme mou et l’échec quant à la variation des registres ambitionnée (la perpétuelle gravité de Robert Hossein plombe le comique) désintéressent rapidement le spectateur.

Patrouille de choc (Claude Bernard-Aubert, 1957)

Pendant la guerre d’Indochine, un groupe de soldats français lutte contre le Viet-Minh.

Un film intéressant par son réalisme (monstration de divers aspects du colonialisme y compris l’enseignement aux enfants indigènes) et sa noirceur qui le fit censurer par le pouvoir politique mais la forme, même si certaines séquences sont loin d’être nulles, est à mille lieues de Walsh et Fuller. L’essentiel du propos passe par une voix-off d’une qualité littéraire qui étonne de la part du futur auteur de Autostoppeuse en chaleur, La grande mouille et autres Maîtresses très particulières.

Héros (Jeremy Kagan, 1977)

Un vétéran du Viet-Nam, parti retrouver ses anciens camarades à travers les Etats-Unis pour les associer à un projet d’élevage de vers de terre, rencontre une jeune femme dans l’autocar pour Kansas City.

Les artifices du scénario (notamment le sacrifice de l’individualité de la jeune femme qui n’existe en fait qu’en fonction du personnage du vétéran) et les approximations de la technique n’empêchent pas cette comédie dramatique de sonner juste dans ses portraits de vétérans atteints de trouble de stress post-traumatique et d’être finalement émouvante.