L’homme à femmes (The man who loved women, Blake Edwards, 1983)

La vie d’un homme à femmes.

La transplantation du film de François Truffaut en Californie échoue pour plusieurs raisons. D’abord, il s’agissait d’un des films les plus personnels de son auteur et la distance entre l’auteur et son personnage était impeccable. Là, la complaisance noie le portrait du cavaleur dans un sirop sentimentalo-démago typiquement américain, tout à fait hors de propos et carrément hallucinant dans sa morale finale: « ses conquêtes ont toutes grandi grâce à son amour ».

Ensuite, il y a un hiatus entre la virilité un peu beauf de Burt Reynolds et les fêlures de son personnage, auxquelles on ne croit pas malgré les artifices du scénario. On ne croit d’ailleurs pas non plus à son obsession puisque -différence encore entre culture latine et culture américaine- ce sont souvent les femmes qui lui sautent dessus. Blake Edwards a beau avoir remplacé l’écriture d’un roman par une analyse pour figurer la confession du héros, c’est bien Truffaut -qui détestait la psychanalyse- qui s’avère le plus juste dans sa peinture de la névrose. En fait, ce remake est un prétexte à situations vaudevillesques et scabreuses où, une fois, l’auteur de La party déploie sa verve burlesque: c’est l’inventive séquence avec le mari, la femme, l’amant, le placard et le petit chien.

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