Ici brigade criminelle (Private Hell 36, Don Siegel, 1954)

Après avoir neutralisé un bandit, un flic s’accapare une partie de son butin malgré les grandes réticences de son collègue.

Produit, écrit et interprété par Ida Lupino, ce film dont le héros amoureux d’une femme vénale passe du mauvais côté de la barrière a une intrigue de film noir mais est mis en scène avec une sécheresse réaliste qui le tire vers la chronique. Confrontés à leurs soucis matériels et conjugaux, les flics sont présentés avec une sympathie entomologiste qui préfigure les grands films adaptés de Joseph Wambaugh. Les acteurs sont tous impeccables, Steve Cochran fait même preuve d’un charisme certain, il n’y a pas de fioriture visuelle, le retournement final est habile et la mise en scène s’avère géniale au moment crucial où les flics se retrouvent face au magot, rendant sensible la naissance de la Tentation dans l’esprit du deuxième flic. A l’exception d’un dénouement moralisateur un peu artificiel et de quelques dialogues un brin surexplicatifs notamment lorsqu’il s’agit de traduire le matérialisme des personnages, c’est donc quasi-parfait.

9 commentaires sur “Ici brigade criminelle (Private Hell 36, Don Siegel, 1954)

    • Bonjour, Il est passé à la Cinémathèque dans le cadre de la rétro Siegel juste avant le deuxième confinement. Sinon, d’après amazon, il y a un DVD américain.

  1. Merci.
    J’ai découvert récemment un Don Siegel que je trouve formidable : la ronde du crime (The Line-up).
    Qu’en pensez-vous ?
    Je suis un ami de Vincent Jourdan ( Inisfree et Zoom arrière). Je crois que vous avez participé au numéro sur le cinéma muet français. Est-ce exact ?

  2. bonsoir
    je m’aperçois que j’ai oublié de vous répondre sur l’ouvrage sur le cinéma muet français. Oui, comme je l’ai signalé sur facebook, je le trouve dense et fouillé, très complet (on évoque aussi bien les amuseurs et comiques que l l’avant-garde) traité par des cinéphiles sérieux et compétents.
    Je connais certains muets de Léonce Perret, Jean Renoir, Julien Duvivier ,Marcel Lherbier, Jacques Feyder, Germaine Dulac, René Clair et les grands classiques..Mais je trouve Fantomas difficile à regarder (plans statiques, théatraux) et j’ai revendu mon coffret Cappelani. Je suis davantage fan du cinéma muet allemand et nordique et des burlesques américains. Les films de Griffith me barbent.
    Donc, je ne suis qu’un amateur relatif du cinéma muet même si je considère que les cinéastes du muet ont tout inventé. Mon grand choc a été Jean Epstein (la chute de la maison Uher) dont je n’avais vu que la Glace à trois faces. Je vais me pencher sur Albel Gance et ses chefs d’oeuvres. J’avais vu la Roue au ciné-club quand j’étais gamin et cela m’avait impressionné. Bonne soirée.

    • Bonsoir,
      L’objectif de ce numéro est justement de mettre en avant des films moins connus que les grands noms parfois surestimés de la période: je comprends que vous ne soyez pas fan du muet après avoir vu les films de Marcel L’Herbier, Germaine Dulac, Jean Renoir, Julien Duvivier et René Clair.
      Gance est en effet à explorer mais c’est un albatros, un géant à part au sein d’une période où le classicisme fut peut-être plus fécond que l’avant-garde (ou soi-disant avant-garde).
      Bonne soirée

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