A brighter summer day (Edward Yang, 1991)

En 1960 à Taïwan, des bandes d’adolescents à la dérive se battent…

Et ça dure 3h57. Malheureusement, la fresque ambitionnée déçoit à cause du volontarisme dédramatisant du style: l’abondance de plans éloignés, de hors-champs injustifiés, d’ellipses impromptues, de raccords abrupts, de plans sous-exposés (explicable par les fréquentes pénurie d’électricité à Taïwan dans les années 60) maintient une distance entre le spectateur et les évènements qui, parfois, vire à l’obscurité narrative. J’imagine bien combien un tel parti-pris devrait retranscrire la perte de repères d’une jeunesse déracinée; j’imagine mais je ne ressens guère. Vanité du cinéma dit « moderne ».

6 commentaires sur “A brighter summer day (Edward Yang, 1991)

  1. Naaan, ça fait trois mois que j’essaie de me motiver pour me lancer les 4h de film, tu aides pas… Ce que tu décris est un peu l’effet, très froid, que m’avait laissé « The Terrorizer ».

    Bizarre quand même combien Edward Yang jusqu’ici, via le tardif « Yi Yi », était considéré comme LE cinéaste taïwanais accessible, consensuel et classique (surtout face aux Hou Hsia-hsien et Tsai Ming-liang qui nous arrivaient au début des années 2000). À rebours il semble que ce film final fasse en fait figure d’exception dans la filmographie…

    • Salut Tom,
      Justement, je me souviens avoir été rebuté par un découpage du même ordre dans Yiyi (vu il y a au moins quinze ans), notamment des plans trop systématiquement éloignés à mon sens. Si Yiyi t’a plu, je pense que tu peux tenter d’autant que A brighter sumer day jouit quand même d’une excellente réputation (plus que Yiyi chez les cinéphiles un peu pointus).

  2. Je te trouve sévère, Yang me semble justement user moins gratuitement des plans longs que Hou Hsiao-hsien, d’autant que ses plans sont très peuplés, et dynamiques. Quant à la rareté des plans « de proximité », elle est justifiée à mon avis par sa volonté d’inscrire les destins de ses personnages dans une communauté élargie, à un moment charnière de l’histoire taïwanaise. J’ai beaucoup aimé les coupures de courant qui favorisent les actions criminelles.

  3. J’ai bien aimé aussi « The terrorizer » qui ne se contente pas d’une chronique et introduit une intrigue borgésienne dans l’esthétique contemplative d’E. Yang. En revanche « Taipei story » (chronique sans ressort d’un couple en crise) montre à mon avis les limites de son cinéma formaliste. Pas vu « Yi-yi », ni d’autre film pour le moment.

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