24 prunelles (Keisuke Kinoshita, 1954)

Entre 1928 et 1946, une institutrice progressiste enseigne sur l’île de Shōdoshima…

Il eût fallu la grâce d’un Shimizu pour transfigurer cette succession effilochée de scènes larmoyantes mais presque dénuée de structure dramatique. Malheureusement, Keisuke Kinoshita saute à pieds joints dans la mièvrerie, multipliant les plans sur des femmes entrain de pleurer, nous saoûlant de chants d’enfants quand il ne s’agit pas de musiquette tout à fait hors de propos, répétant ad libitum les images d’adieux sur fond de « auld sang lyne », se vautrant dans les clichés qui facilitent l’exportation façon « travellings sur frondaisons de cerisiers en fleurs ». Son style est un parangon d’académisme décoratif dénué de la sincérité la plus élémentaire; avec un personnage aussi grossièrement dessiné, Hideko Takamine ne peut exprimer la richesse de nuances qu’elle sait exprimer lorsqu’elle est dirigée par Mikio Naruse. Sur un thème analogue, puisqu’il présente également un enseignant voyant plusieurs générations d’élèves partir se faire tuer à la guerre pendant deux heures et demi, Ce n’est qu’un au revoir, chef d’oeuvre trop méconnu de John Ford tourné à la même époque est infiniment préférable car beau, délicat, concis, subtil et dialectique, toutes qualités qui font défaut à 24 prunelles.

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